37° Anti-Lucrece.
cinq cents ans après ma naissance. J’ai pensé commetous les premiers législateurs païens du monde , quitous ignoraient cette vérité.
J’aurais donc voulu que le cardinal de Polignac eûtplaint Epicure en le condamnant ; 8c ce tour n’en eûtpas été moins favorable à la belle poésie.
A i’égard de la physique, il me paraît que fauteura perdu beaucoup de temps 8c beaucoup de vers àréfuter la déclinaison des atomes 8c les autres absur-dités dont le poème de Lucrèce fourmille. C’est employerde f artillerie pour détruire une chaumière. Pourquoiencore vouloir mettre à la place des rêveries de Lucrèceles rêveries de Defcartes ?
Le cardinal de Polignac a inséré dans son poèmede très-beaux vers fur les découvertes de Nmlon;mais il ,’y combat malheureusement pour lui desvérités démontrées. La philosophie de Newton nesouffre guère qu’on la discute en vers ; à peine peut-on la traiter en prose ; elle est toute fondée sur lagéométrie. Le génie poétique ne trouve point là deprise. On peut orner de beaux vers f écorce de cesvérités; mais pour les approfondir il faut du calculSc point de vers.
A N T I O U I T É.
Section I.
.A.VEZ-VOUS quelquefois vu dans un villagePierre Aoudri 8c fa femme Peronelle vouloir précéderleurs voisins à la procession? Nos grands-pères, disent-ils,Jonnaienl les cloches avant que ceux qui mus coudoyentaujourd'hui sifflent feulement propriétaires d'une étable.