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Tome trente-septieme.
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A’nti-trinitaires* 3 85

Que les trois personnes de la Trinité font ou troissubstances différentes , ou des accidens de l’essencedivine, ou cette essence même fans distinction.

Que dans le premier cas on fait trois dieux.

Que dans le second on fait Dieu composé d’acci-dens , on adore des accidens , 8c on métamorphosedes accidens en des personnes.

Que dans le troisième , c’est inutilement 8c fansfondement qu’on divise un sujet indivisible 8c qu’ondistingue en trois ce qui n’est point distingué en soi.

Que si on dit que les trois personnalités ne font nides substances différentes dans l’essence divine , nides accidens de cette essence, on aura de la peine àse persuader qu’elles soient quelque chose.

Qu’il ne faut pas croire que les trinitaires les plusrigides 8c les plus décidés aient eux-mêmes quelqueidée claire de la manière dont les trois hypojlajissubsistent en Dieu , sans diviser sa substance , 8c parconséquent sans la multiplier.

Que S‘ Augustin lui-même, après avoir avancé furce sujet mille raisonnemens aussi faux que ténébreux ,a été forcé d’avouer qu’on ne pouvait rien dire furcela d’intelligible.

Ils rapportent ensuite le passage de ce père qui eneffet est très-singulier. 55 Quand on demande, dit-il,ìì ce que c’est que les trou , le langage des hommes

se trouve court, 8c l’on manque de termes pourj? les exprimer : on a pourtant dit trois personnes,55 non pas pour dire quelque chose, mais parce qu’il55 faut parler 8c ne pas demeurer muet. 55 DiSlum ejltres perjonce , non ut aliquid diceretUr, Jed ne taceretur.de Trinit. Lu c V, C H A p. IX.

Diëlionn. philofoph. Tome I. B b