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Tome trente-septieme.
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Anthropophages. 38g

11 n’eíl que trop vrai qu’il y a eu des anthropophages ;nous en avons trouvé en Amérique, il y en a peut-être encore ; 8c les cyclopes n’étaient pas les seulsdans l’antiquité qui se nourrissaient quelquefois dechair humaine. Juvénal rapporte que chez les Egyp-tiens , ce peuple si sage, si renommé pour les lois,ce peuple si pieux qui adorait des crocodiles 8c desoignons, les Tintirites mangèrent un de leurs ennemistombé entre leurs mains ; il ne fait pas ce conte furun ouï-dire, ce crime fut commis presque sous sesyeux, il était alors en Egypte, 8c à peu de distancede Tintire. II cite à cette occasion les Gascons 8c lesSagontins qui se nourrirent autrefois de la chair deleurs compatriotes.

En t 725 on amena quatre sauvages du Miffìffipià Fontainebleau, j’eus l’honneur de les entretenir;il y avait parmi eux une dame du pays, à qui jedemandai si elle avait mangé des hommes; elle merépondit très-naïvement qu elle en avait mangé. Jeparus un peu scandalisé ; elle s’excusa en disant qu’ilvalait mieux manger son ennemi mort que de le laisserdévorer aux bêtes, 8c que les vainqueurs méritaientd’avoir la préférence. Nous tuons en bataille rangéeou non rangée nos voisins ; 8c pour la plus vilerécompense nous travaillons à la cuisine des corbeaux8c des vers. C’est-là qu’est l’horreur , c’est-là qu’estle crime; qu’importe quand on est tué d’être mangépar un soldat, ou par un corbeau Sc un chien ?

Nous respectons plus les morts que les vivans. IIaurait fallu respecter les uns 8c les autres. Ees nationsqu’on nomme policées ont eu raison de ne pas mettreleurs ennemis vaincus à la broche ; car s’il était

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