3 9 2 Anthropophages.
" de Paris dévorer les restes sanglans du maréchal” d 'Ancre, 8 c le peuple de la Haye manger le cœur" du grand - pensionnaire de Witt, nous ne devons’ » pas être surpris qu’une horreur chez nous passagère,
>5 ait duré chez les sauvages. 5 ,
5 5 Les plus anciens livres que nous ayons, ne nous55 permettent pas de douter que la faim n’ait poussé les55 hommes à cet excès. Le prophète Ezéchiel , suivant55 quelques commentateurs, ( a ) promet aux Hébreux »55 de la part de Dieu, [b) que s’ils se défendent bien
( a ) Ezéchiel , ch. XXXIX.
( b ) Voici les raisons de ceux qui ont soutenu qu 'Ezéchiel , en cetendroit, s’adrcíse aux Hébreux de son temps, auflì-bicn qu’aux autresanimaux carnassiers ; car assurément les Juifs d’aujourd’hui ne le sont pas& c’est plutôt ['inquisition qui a été carnassière envers eux. Ils disentqu’une partie de cette apostrophe regarde les bêtes sauvages , 8c quel’autre est pour les Juifs. La première partie est ainsi conçue :
Dis á tout ce gui court , à tous les oiseaux , à toutes les bêtes des champs ,ajfcmblei-vous , hâtez-vous , courez à la viilime que je vous immole , ajin quevous mangiez la chair fr que vous buviez le Joug. Vous mangerez la chair desforts , vous boirez le sang des princes de la terre fr des béliers , fr des agneaux ,fr des boucs , fr des taureaux , fr des volailles , fr de tous les gras.
Ceci ne peut regarder que les oiseaux de proie , & les bêtes féroces.Mais’ la seconde partie a paru adressée aux Hébreux mêmes. Vous vousrassasierez fur ma table du cheval fr da fort cavalier , fr de tous les guerriers ,dit le Seigneur , fr je mettrai ma gloire dans les nations , fre,
II est très-certain que les rois de Babylone avaient des Scythes dansleurs armées. Ces Scythes buvaient du sang dans les crânes de leurs enne-mis vaincus , 8c mangeaient leurs chevaux , 8c quelquefois de la chairhumaine. II se peut très-bien que le prophète ait fait allusion à celte cou-tume barbare , 8: qu’il ait menacé les Scythes d’être traités comme ilstraitaient leurs ennemis.
Ce qui rend cette conjecture vraisemblable , c’est le mot de table. Vousmangerez <j ma table le cheval fr le cavalier. 11 n’y a pas d’apparence qu’onait adressé ce discours aux animaux ; 8c qu’on leur ait parlé de se mettreà table. Ce serait le seul endroit de l’Ecrituic , on l’on aurait employéune figure si étonnante. Le sens commun nous apprend qu’on ne doit