Anthropophages. 397
rapportée dans JoJephe, de cette femme qui se nourritde la chair de son fils lorsque Titus assiégeait Jéru-salem.
Le livre attribué à Enoch, cité par S‘ Jude, ditque les géans nés du commerce des anges 8c des fillesdes hommes , furent les premiers anthropophages.
Dans la huitième homélie attribuée à S 1 Clément ,S‘ Pierre , qu’on fait parler, dit que les enfans deces mêmes géans s’abreuvèrent de sang humain, 8cmangèrent la chair de leurs semblables. lien résulta,ajoute Fauteur, des maladies jusqu’alors inconnues;des monstres de toute espèce naquirent sur la terre ;8c ce fut alors que Dieu l'e résolut à noyer legenre-humain. Tout cela fait voir combien l’opinionrégnante de F existence des anthropophages était uni-verselle.
Ce qu’on fait dire à S‘ Pierre, dans l’homéliede S‘ Clément , a un rapport sensible à la fable deLycaon, qui est une des plus anciennes de la Grèce,8c qu’on retrouve dans le premier livre des Métamor-phoses à'Ovide.
La Relation des Indes b de la Chine, faite au hui-tième siècle, par deux arabes, 8c traduite par l’abbéRenaudot, n’est pas un livre qu’on doive croire fansexamen ; il s’en faut beaucoup ; mais il ne faut pasrejeter tout ce que ces deux voyageurs disent, surtoutlorsque leur rapport est confirmé par d’autres auteursqui ont mérité quelque créance. Ils assurent que dansla mer des Indes , il y a des îles peuplées de nègresqui mangeaient des hommes. Ils appellent ces îles ,Ramni. Le géographe de Nubie les nomme Rammi,ainsi que la Bibliothèque orientale d 'Herbelot.