Apocalypse. 409
(a!) ,, Représentez-vous le couvent de FEscurial,n ou du mont Caffin , où les cénobistes ont toutes,, sortes de commodités nécessaires, utiles, délectables ,,, superflues, surabondantes, puisqu’ils ont les cent,, cinquante mille , les quatre cents mille , les cinq,, cents mille écus de rente ; & jugez fi monsieur l’abbés j a de quoi laisser dormir la méridiane à ceux qui»j voudront.
,, D’un autre côté représentez-vous un artisan, un55 laboureur , qui n’a pour tout vaillant que ses bras,,, chargé d une grosse famille, travaillant tous les jours,, en toute saison comme un esclave pour la nourrir,, du pain de douleur 8c de seau des larmes ; 8c puis,,, faites comparaison de la prééminence de l une ou de,, l’autre condition en fait de pauvreté, i,
Voilà un passage de ïApocalypse épiscopal, qui n’apas besoin de commentaires : il n’y manque qu unange qui vienne remplir fa coupe du vin des moinespour désaltérer les agriculteurs qui labourent, sèment,8c recueillent pour les monastères.
Mais ce prélat ne fit qu’une satire au lieu de faireun livre utile. Sa dignité lui ordonnait de dire le biencomme le mal. II fallait avouer que les bénédictinsont donné beaucoup de bons ouvrages, que les jésuitesont rendu de grands services aux belles - lettres’. IIfallait bénir les frères de la charité 8c ceux de ìarédemption des captifs. Le premier devoir est d’êtrejuste. Le Camus se livrait trop à son imagination.S 1 François de Sales lui conseilla de faire des romansde morale ; mais il abusa de ce conseil.
( d ) Pages 160 8c i6r.