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Tome trente-septieme.
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Arbre a pain. 495

lieues fur les côtes de la mer Glaciale. Cette nourri-ture , à laquelle nous sommes accoutumés, est parminous si précieuse, que la crainte seule de la voir man-quer cause des séditions chez les peuples les plussoumis. Le commerce du blé est par-tout un des grandsobjets du gouvernement; c’estune partie de notre être,8c cependant on prodigue quelquefois ridiculementcette denrée essentielle.

Les amidonniers emploient la meilleure farine pourcouvrir la tête de nos jeunes gens 8c de nos femmes.

Le Dictionnaire encyclopédique remarque, avectrès-grande raison , que le pain béni, dont on nemange presque point, Sc dont la plus grande partieest perdue , monte en France à quatre millions delivres par an. Ainsi, de ce seul article, l’Angleterreest au bout de l'année plus riche de quatre millionsque la France.

Les missionnaires ont éprouvé quelquefois de grandesangoisses dans des pays où l’on ne trouve ni pain nivin. Les habitans leur disaient par interprètes : Vousvoulez nous baptiser avec quelques gouttes d’eau ,dans un climat brûlant où nous sommes obligés denous plonger tous les jours dans les fleuves. Vousvoulez nous confesser, 8c vous n entendez pas notrelangue ; vous voulez nous communier, 8c vous man-quez des deux ingrédiens nécessaires, le pain 8c le vin :il est donc évident que votre religion universelle n’a puêtre faite pour nous. Les missionnaires répondaienttrès-justement que la bonne volonté suffit, qu’on lesplongerait dans l’eau fans aucun scrupule, qu’on feraitvenir du pain 8c du vin de Goa ; Sc quant à la langue,que les missionnaires rapprendraient dans quelquesannée».