4g6 Arbre a suif.
ARBRE A SUIF.
ON nomme dans T Amérique chandd-berri-trée, onbai-berri-trée , ou l'arbre à Juif une espèce de bruyèredont la baie donne une graisse propre à faire deschandelles. Elle croît en abondance dans un terrainbas Sc bien humecté ; il paraît qu’elle se plaît sur lesrivages maritimes. Cet arbuste est couvert de baiescl’où semble suinter une substance blanche 8c farineuse ;on les cueille à la fin de l’automne lorsqu’elles fontmûres ; on les jette dans une chaudière qu’on remplitd’eau bouillante ; la graisse se fond 8c s’élève au-dessusde l’eau : on met dans un vase à part cette graisserefroidie, qui ressemble à du suif ou à de la cire ; sacouleur est communément d’un verd sale. On la puri-fie, 8c alors elle devient d’un assez beau verd. Ce suifest plus cher que le suif ordinaire, 8c coûte moins quela cire. Pour en former des chandelles, on le mêlesouvent avec du suif commun ; alors elles ne font pasfi sujettes à couler. Les pauvres se servent volontiersde ce suif végétal qu’ils recueillent eux-mêmes , aulieu qu’il faudrait acheter l'autre.
On en fait aussi du savon 8c des savonnettes d uneodeur assez agréable.
Les médecins 8c les chirurgiens en font usage pourles plaies.
Un négociant de Philadelphie envoya de ce suif dansles pays catholiques de PAmérique, dans l’efpoir d’endébiter beaucoup pour des cierges ; mais les prêtresrefusèrent de s’en servir.
Dans la Caroline on en a fait aussi une forte de cireà cacheter.
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