Armes, Armées. 5 45
hyperborées avaient subjugué presque tout l’hémis-phère, 8c pourraient revenir encore, comme des loupsaffamés, dévorer les terres qui savaient été autrefoispar leurs ancêtres.
Dans toutes les armées c’était la force du corps ,l'agilité , une espèce de fureur sanguinaire, un achar-nement d’homme à homme qui décidaient de lavictoire , 8c par conséquent du destin des Etats. Deshommes intrépides prenaient des villes avec deséchelles. II n’y avait guère plus de discipline dans lesarmées du Nord , au temps de la décadence del’empire romain , que dans les bêtes carnassières quifondent fur leur proie.
Aujourd’hui une feule place frontière, munie decanon , arrêterait les armées des Attila 8c des Gengis.
On a vu, il n’y a pas long-temps , une armée deRusses victorieux, fe consumer inutilement devantCustrin , qui n’est qu’une petite forteresse dans unmarais.
Dans les batailles, les hommes les plus faibles decorps peuvent l’emporter fur les plus robustes, avecune artillerie bien dirigée. Quelques canons suffirentà la bataille de Fontenoi pour faire retourner enarrière toute la colonne anglaise déjà maîtresse duchamp de bataille.
Les combattans ne s’approchent plus : le soldat n’aplus cette ardeur, cet emportement qui redoubledans la chaleur de faction lorsque l’on combat corpsà corps. La force , l’adresse , la trempe des armesmême, font inutiles. A peine une feule fois dans uneguerre se fert-on de la baïonnette au bout du.fusil,quoiqu’elle soit la plus terrible des armes.
Diclionn. philojoph. Tome I. M m