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Tome trente-septieme.
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5-i6 Armes, à r m é e s.

Dans une plaine souvent entourée de redoutc 9munies de gros canons , deux armées s’avancent ensilence ; chaque bataillon mène avec foi des canons decampagne ; les premières lignes tirent l’une contrel'autre, 8c l’une après l'autre. Ce font des victimesqu’on présente tour à tour aux coups de feu. On voitsouvent lur les ailes, des escadrons exposés continuel-lement aux coups de canon en attendant l’ordre dngénéral. Les premiers qui se lassent de cette manœuvre,laquelle ne laisse aucun lieu à simpétuosité ducourage , se débandent 8c quittent le champ debataille. On va les rallier, si l’on peut , à quelquesmilles de là. Les ennemis victorieux assiègent une villequi leur coûte quelquefois plus de temps , plusd’hommes, plus d’argent, que plusieurs batailles neleur auraient coûté. Les progrès font très-rarementrapides : 8c au bout de cinq ou six ans , les deuxparties également épuisées font obligées de fairela paix.

Ainsi , à tout prendre, l’invention de l’artillerie Scla méthode nouvelle ont établi entre les puissancesune égalité qui met le genre-humain à f abri desanciennes dévastations, 8c qui par-là rend les guerresmoins funestes , quoiqu’elles le soient encore prodi-gieusement.

Les Grecs dans tous les temps, les Romains jusqu’autemps de Sylla , les autres peuples de l’Occident 8c duSeptentrion , n’eurent jamais d’armée fur pied conti-nuellement soudoyée; tout bourgeois était soldat, 8cs’enrôlait en temps de guerre. C’était précisémentcomme aujourd’hui en Suisse. Parcourez-la touteentière, vous n’y trouverez pas un bataillon, excepté