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si l’expérience ou le besoin du peuple indiquent paria suitequ’il manque quelque chose au Sénutus-consulte médité avectant de soin, votre Majesté, informée des désirs du peuplefrançais, s’empressera d’v déférer; que vous n’avez en vue quela félicité publique, l’encouragement des vertus, le triomphedes bonnes mœurs, les progrès 1 de l’agriculture, la splendeurdu commerce, l'éclat des arts et des sciences, l’essor de tousles grands talens, la propagation de toutes les lumières ; enfin,par-dessus tout, l’honneur du nom français , et que, si voussuivez toujours vos propres inspirations, chaque moment devotre règne resserrera de plus en plus les liens du contrat quivient d’intervenir de l’empereur au peuple, et les oblige l’unet l’autre.
M ais, Sire, en ce grand jour, nos yeux cherchent en vainauprès de votre Majesté Impériale, celui de vos augustesfrères, appelé le premier, dans la chartre nationale, au titrede l’hérédité. Eu lui les membres du Sénat chérissent uncollègue aimable et vertueux ; en lui plusieurs peuples révèrentun négociateur intègre. Le Sénat aurait désiré de le voir icià sa tête, comme grand Electeur , et de le saluer sous le titrequi lui est dû, et qu’il rendra si glorieux, de Sou Altesse Im-périale le Prince Joseph Bonaparte . Mais vous avez vouluqu’il ait de nouveaux droits à l’amour de la nation. Vousl’avez envoyé à l’année sur les côtes. Cette main respectéequi a signé trois fois la paix à Luneville , à Morfontaine, etenfin dans Amiens , a quitté tout-à-coup la plume pacifiquepour l’épée vengeresse de l’infraction des traités. Sire, quelssouvenirs et quel rapprochment ! C’estlefi germinal, an9> quevotre illustre frère signait la paix d’Amiens , avec un cabinetperfide ; c’est le 6 Germinal, an 12 que la preuve authentiquedes attentats ourdis contre votre existence par un agent diplo-matique de ce gouvernement parjure, nous a déterminés à vouspresser de mettre un terme aux trames des conspirateurs, auxrêves des ambitieux, et aux inquiétudes de tous les bonsFrançais . Vous avez rempli nos désirs. Le Sénatus-eonsultedu 28 Floréal est un monument immortel dont nous devonspeut-être remercier nos ennemis. Jamais la haine aveugle duministère britannique ne fut si utile à la France . Il ne sedoute pas du service éminent que nous ont rendu ses fureurs.En voulant vous assassiner, il s’est flétri lui-même aux yeuxdes nations; mais il a averti la nation française de ce qu'il luirestait à faire pour déconcerter à jamais les atroces combinai-sons du Cabinet de Londres , et des Français qui s’avilissentau point d’étre ses s:.élites. Oui, sous ce point de vue, le fiGerminal est un jour qui devra être inscrit dans les fastes denotre histoire. Ce jour a raffermi la grande République surd’immuables fondeinens; ce jour, sans sortir de Paris , nousavons vaincu l’Angleterre.
Souffrez, Sire, que le Sénat s’applaudisse d’avoir saisi une