De l’intention de le nommer maréchal de France, et g oc»verneur d’Alsace ;
De lui donner le cordon rouge, le Château de Chambord avec son parc, douze pièces de canon enlevées aux Autrichiens,un million d’argent comptant, 200 mille Liv de rente, un Hô-tel à Paris , &c. &c.
De donner le nom de Pichegru à la commune d’Arbois , del’exempter de tout impôt pendant 15 ans.
De confirmer dans leurs grades tous les Officiers de l’arméequ’il commandait.
D’assurer un traitement à tout Commandant de place quitrahirait, et une exemption d’impôt, pour toute ville qui ou-vriroit ses portes ;
Il ajoute, que le Prince de Condé désire qu’il proclame leRoi dans ses murs, lui livre la ville d’Huningue , et se réunissepour marcher sur Paris .
Pichegrti, après avoir lu cette lettre, demande une preuveformelle que le ci-devant Prince de Condé approuve ce que luiécrit son agent.
La répou-e est rapportée à cet agent, qui se rend au-près du ci-devant Prince de Condé, pour l’engager à écrire àPichegru .
La lettre, après beaucoup d'observations, est enfin écrite;elle assure Pichegru qu’il doit avoir pleine confiance dans' leslettres que cet agent lui écrira de sa part. Pichegru , en l’ou-vrant, reconnaît l’écriture et la signature, il la remet aussitôtau porteur en lui disant: J’ai vu lasignature et cela me suffit,la parole du Prince est un gage dont tout Français doit secontenter: reportez-lui sa lettre.
Il s’ouvre alors sur la communication qui lui a été faite :je ne ferai rien d’incomplet, dit-il ; je ne veux pas être letroisième tome de la Fayette et de Dumouriez ; je connaismes moyens, ils sont aussi sûrs que vastes ; ils ont leur racine,non-seulement dans mou armée, mais à Paris ; dans la conven-tion, dans les départemens, dans les années des généraux mescollègues, qui pensent comme moi.
Je ne veux rien faire de partiel ; il faut en finir.
La France ne peut exister en République , il lui faut un Roi,il faut Louis XVIII , mais il ne faut commencer la contre-révo-lution que lorsqu’on sera sur de l’opérer promptement; voilàquelle est ma devise.
Le plan du Prince ne mène à rien ; il serait chassé de Ilu-ningue dans quatre jours, et je me perdrais en quinze.
Mon armée est composée de brave gens et de coquins ; ilfaut séparer les uns des autres, et aider tellement les premierspar une grande démarche, qu’ils n’ayent plus la possibilité dereculer, et ne voient plus leur salut que dans le succès. ■ .
Pour y parvenir, j’offre de passer ie Rhin , où l’on tue dssi-