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Les Juifs, accablés du mépris des peuples, et souvent en buteà l’avarice des Souverains, n’ont point encore été traités aveejustice. Leurs coutumes et leurs pratiques les isolaient dessociétés qui les repoussaient à leur tour; et ils n’ont cesséd’attribuer aux lois humiliantes qui leur étaient imposées, lesdésordres et les vices qu’on leur reproche. Aujourd’hui mêmeencore ils expliquent l’éloignement de quelques-uns d’en-tr’eux pour l’agriculture et les professions utiles, par le peude confiance que peuvent prendre dans l’avenir des hommes'dont l'existence dépend depuis tant de siècles de l’esprit dumoment et du caprice de la puissance. Désormais, ne pouvantplus se plaindre ils ne pourront plus se justifier.
S. M. a voulu qu’il ne restât aucune excuse à ceux qui nedeviendraient pas citoyens. Elle vous assure le libre exercicede votre religion et la pleine jouissance de vos droits politiques.M ais en échange de l’auguste protection qu’elle vous accorde,elle exige une garantie religieuse de l’entière observation desprincipes énoncés dans vos réponses. Cette assemblée, tellequ’elle est constituée aujourd’hui, ne pourrait à elle seule lalui offrir. Il faut que ses réponses converties en décisions parune autre assemblée d’une forme plus imposante encore, etplus religieuse, puissent être placées à côté du Talniud, etacquièrent ainsi aux yeux des Juifs de tous les pays et detous Ve* siècles, la plus grande autorité possible. C’est aussil'onique moyen de répondre à la grancfeur et à la générositédes vues de .S. M. et de faire éprouver l’heureuse influence decette mémorable époque à tous vos co-religionaires.
La foule des commentateurs de votre loi en a sans doutealtéré la pureté, et la diversité de leurs opinions a dû jeterdans le doute la plupart de ceux qui les lisent. Il s agitdonc de rendre à l’universalité des Juis, l’important servicede fixer leur croyance sur les matières qui vous ont déjà etesoumises. Pour rencontrer dans l’histoire d’Israël une assem-blée revêtue d’une autorité capable de produfre les résultatsque nous attendons, il faut remonter jusqu’au grand Sanhédrin.C’est le grand Sanhédrin que S. M. se propose de convoqueraujourd’hui. Ce corps, tombé avec le temple, va reparaîtrepour éclairer par tout le monde le peuple qu’il gouvernait.11 va le rappeler au véritable esprit de sa loi, et lui en donnerune explication digne de faire disparaître tontes les interpré-tations mensongères. Il lui dira d’aimer et de défendre lespays qu’il habite, et il lui apprendra que tous les sentunen»qui 1 attachaient à son antique patrie, il les doit aux lieuxoù, pour la première fois depuis sa ruine, il peut elever sa voix.
Enfin,selon l’ancien usage, legrand Sanhédrin sera composede soixante-dix membres, sans compter son chef; le= <eu *tics, ou environ, seront des rabbins, parmi lesquels on verr^d’abord ceux qui sont ici présens, et qui ont approuve le sponses ; l’autre tiers sera choisi par cette assemblée elle-mem •