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Cette déclaration sijuste aurait-elle blessé le cabinet deBerlin,et voudrait-il nous obliger à la rétracter ? E.itre tous ces motifs,quel peut être le véritable? Nous ne saurions le deviner, etl’avenir seul pourra révéler le secret d’une conduite aussiétrange qu’elle était inattendue. Nous avons été un mois sansy taire attention. Notre impassibilité n’a fait qu’enhardirtous les brouillons qui veulent précipiter la cour de Berlin dans la lutte la plus inconsidérée.
Toutefois les arméniens de la Prusse ont amené le cas prévupar l’un des articles du truité du 12 Juillet, et nous croyonsnécessaire que tous les souverains qui composent la confédéra-tion du Rhin, arment pour défendre ses intérêts, pour garantirson territoire et en maintenir l’inviolabilité. Au lieu de 200,000hommes que la France est obligée de fournir, elle en fournira300,000, et nous venons d’ordonner que les troupes nécessairespour compléter ce nombre, soient transportées en poste sur leBas-Rhin , les troupes de votre majesté, étant toujours restéessur le pied de guerre, nous invitons votre majesté à ordonnerqu’elles soient mises, sans délai, en état de marcher avec tousleurs équipages de campagne et de concourir à la défense dela cause commune, dont le succès, nous osons le croire, ré-pondra à sa justice, si toutefois, contre nos désirs, et mêmecontre nos espérances la Prusse, nous met dans la nécessitéde repousser la force par la force.
Sur ce, nous prions Dieu , mon frère, qu’il vous ait en sasainte et digne garde.
Donné à Saint-Cloud , le 21 Septembre, 1806.
Pour copie conforme:
Re ministre des relations extérieures,
(Signé) Ch . Maur. Talleyrand ,Prince de Bénévent .
N. B. Une lettre semblable a été écrite à S. M. le roi deWurtemberg, et d’autres dans le même sens ont été adresséesà S. A. I. le grand-duc de Perg , à S. A. R. le grand-duc deBade , à S. A. R. le grand-duc «le Hesse-Darmstadt, à .S. A.Rm. le prince-primat, et au collège defc princes de la confé-dération du Rhin.
Aujourd’hui, à midi, en exécution des ordres de S. M. l’em-pereur et roi, S. A. S. Mgr. le prince archi-chancelier de l’em-pire s'est rendu au sénat.
Ce prince a été reçu avec le cérémonial accoutumé et aprèsavoir pris séance, il a dit:
“ Messieurs,
La lettre que S. M. l’empereur et roi écrit au sénat, et lescommunications que je viens de faire de sa part, ont pour ob-