430
11 u'a point échappé à la prévoyance de V. M. qu’un te!accroissement de forces nécessiterait une augmentation dedépense deplusieursmillions pour le département delà guerre.V. M. ne veut pas que je l’entretienne de cet objet dans cerapport ; son ministre des finances s’eet chargé d’y faire facesans augmenter en aucune manière les impositions établiespar la dernière loi.
Il est vrai, Sire, que l’nsttge suivi dans ces dernières annéesaurait pu jusqu'à un certain point porter une partife de vospeuples à se regarder comme libérés du devoir de la conscrip-tion, du moment où ils auraient, sur la masse totale, fournile contingent demandé pour l’année, et sous ce rapport, ceque je propose à V. ?,J. semblerait exiger de la part de sessujets un sacrifice. Mais, Sire, il n’est personne qui nesache qu’aux termes des lois Y. M. serait autorisée à appelersous ses drapeaux la totalité de la conscription non seulementdes quatre dernières années, mais même des années anté-rieures: et quand il s’agirait d’un sacrifice réel, quel est lesacrifice que V. M. n’ait, pas le droit d’attendre de l’amour deses peuples? Qui de nous ignore que V. M. se sacrifie elle-même entièrement pour le bonhenr de la France , et que de laprompte réussite de ses grands desseins dépend le repos dumonde, U sûreté future et le rétablissement de la paix maritime,sans laquelle il n’est pour la France ni calme ni tranquillité?En proposant à V. M. de déclarer que désormais aucun.rappelde conscription antérieure n’aura lieu, je ne fais, Sire, queprévenir vos vues paternelles.
Je crois utile, de proposer eu même tems à V. M.de décréterla levée de la conscription de 1810 , et d’en déterminer lenombre, dès ce moment, à 80 , 000 , afin de former au besoin«les camps de reserve, et de garder nos côtés au printems.Cette conscription ne serait levée que dans le cas où V. M.aurait à craindre la guerre de la part d’autres puissances, etelle ne serait pas avant le mois de Janvier prochain.
Sire, c’est un malheur attaché à la situation actuelle del’Europe , que lorsqu’une puissance sort de l’état de foretsque comporte sa population, les autres puissances ne peu-vent se dispenser d’augmenter le leur dans la même propor-tion.
L’Angleterre, indépendamment de l’immense quantité deses matelots a plus de 200,000 hommes sur pied: elle ne•s’occupe à toutes les sessions de sa législature, que de l’ac-croissement de ses troupes de terre. Les forces de l’Autriche ont été considérablement augmentées. La France , quoiqu’elle ait des armées plus nombreuses que toutes les autrespuissances, a cependant moins d’hommes sous les armesqu’aucune ô’elles relativement à sa population.
Votre ministre des relations extérieures m’a assuré qu une