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Regnaud de Saint-Jeaq d’Angely et comte de Cessac) se sontrendus à la séance.
Le prince archi-chancelier, président, a été reçu avec leshonneurs d’usage, et S. A. S. ayant pris place au bureau, aprononcé le discours suivant :
“ Messieurs,
“ Les communications que vous allez recevoir, et le projetsoumis à votre délibération, consacreront de nouveau dans vosfastes, ces relations habituelles de confiance que S. M. I. etR. se plaît à entretenir, et dont votre zèle, si souvent éprouvépour le bien public, a fait sentir toute l’utilité.
Vous le savez, messieurs, au milieu même des succès les plusdécisifs, l’empereur a toujours souhaité le rétablissement de lapaix générale.
Pour arriver à cette heureuse fin, rien n’a été épargne desa part.
La politique furibonde de l’Angleterre, a frustré de si sa-lutaives desseins, et a placé les puissances de l’Europe dansune situation critique, qui appelle toujours des ehangemens,ou les rend impossibles à éviter.
L’Espagne , par sa position géographique, par ses habitudes,par son commerce, doit être toujours avee la France en com-munauté d’intérêts : cette vérité a prévalu dans des tems dedésordres; elle a déterminé ces traités particuliers et succes-sifs, toujours destinés en apparence à resserrer entre les deuxnations les rapports de bon voisinage, tandis que le gouverne-ment espagnol ne nous présentait presque toujours que desdispositions incertaines, qui, suiyaut les circonstances, auraientpu devenir hostiles.
Cet état d’irrésolution ne pouvait durer long-tems. La sû-reté de l’état commandait de le faire cesser. D’un autre côté,la saine partie de la nation espagnole désirait d’en sortir ; etce sentiment a inspiré les résolutions généreuses que S.’M. aconsolidées par sa sanction impériale, et qu’elle soutiendrapar tous les moyens de sa puissance.
Quelque confiance que donnent à l’empereur les rapportsde bonne intelligence entretenus avec les puissances du conti-nent, des arméniens considérables faits en dernier lieu par l’und’elles, ont dû fixer l’attentiou de S. M.
Une expérience fatale a mis à portée de connaître tout ceque peut entreprendre l’éternel ennemi de la paix.
Les catastrophes suscitées jusqu’ici par ses intrigues, cellesqu elles peuvent apprêter encore, imposent l’obligation d’êtretoujours préparé.
S. M. a donc dû pourvoir aux besoins du moment et veiller*ussi pour la sûreté de l’avenir.
Le moyen le plus sûr d’atteindre ce but désirable est detouiours tenir nos forces militaires dans une proportion aua-K K K 2