DES CHINOIS. rz
qu’ils n’ont connu le monde de FEurope que lorfqu’ils Font eu sub-jugué ; dès-là, ils Font connu trop tard pour étudier les annalesdes peuples, & en conserver les antiquités. Tout ce que nousdemandons, c’est qu’on forte quelques momens des écolesd’Athenes & de Rome, & qu’on oublie leurs leçons, pourapprendre des choses dont elles n’ont eu aucune idée. Tranchonsle mot : le grand jour même des sciences qui éclairé aujourd’huiFEurope, ou n’arrive pas, ou ne répand que des fausses lueursdans les régions éloignées où nous allons entrer. La Chine feulepeut faire connoître la Chine ; c’est à elle qu’il faut demanderla notice de ses livres & de ses monumens anciens.
Pour suppléer par l’ordre & par l’analyse aux détails troplongs qu’exigeroit cet important sujet que nous ne pouvonsqu’effleurer, nous parlerons d’abord de nos caractères & deleurs métamorphoses ; puis, après avoir crayonné les principauxtraits de notre histoire littéraire jusqu’à la dynastie des Han^nous ferons l’enumération des livres anciens qu’ils nous ont con-servés ; & comme le Chou-king est la portion la plus précieusede cet héritage, nous finirons cet article par des discussions, quile feront voir dans son vrai jour par rapport au sujet que noustraitons.
I. Des caractères de d écriture Chinoise.
i°. II est inutile de demander quelle est Torigine de noscaractères. La Critique ne voit que des fables, des traditionsobscures, des redites, des contradictions, des anachronismes &desfystêmes mal combinés dans le peu qu’en ont dit les premiersécrivains d’après l’incendie des livres par notre E-ro strate. Soitque nos anciens Chinois aient apporté bailleurs (comme nousle croyons), ou inventé eux-mêmes nos caractères (ce qu’onne sauroit prouver), il est certain qu’ils en avoient l’usage & la