z 4 ANTIQUITÉ
connoissance dès le régné de Yao. La tradition générale faitremonter les premiers chapitres du Chou-king jusqu’à ce Prince,& la critique n ose les rapprocher de nous que jusqu’à Yu.Or lestyle dans lequel ils font écrits, prouve qu on savoir déjà traiterl’histoire avec cette naïveté & cette mâle simplicité qui fait lesublime. Plusieurs écrivains parlent de quelques livres qu on avoiralors, & qui font perdus ; les anciennes traditions racontent que Y usir graver une inscription sur la montagne qu’il coupa pour fairepasser le Hoangho. Le tems l’a usée depuis bien des siécles, &nos savans ne reconnoissent aucune des copies qu on en a misesdans certains livres, mais ils ne révoquent guere en doute quelleait existé : voye^ Y-che , livre 11 ,pag. 6. Ce qui nous paroît plusdécisif, c’est qu’il est parlé de doctrine, de vers, de chansons, deloix,&c. dans les premiers chapitres du Chou-king, &qu aucunde nos lettrés ne paroît douter que l’ecriture n’ait été en usagedans les temps dont il parle. Comme on a envoyé d’içi un Mémoireassez détaillé fur nos caractères, nous nous bornerons à observeren général qu’ils font composés de symboles & d’images, & queces symboles & images ne tenant à aucun son, peuvent être lusdans toutes les langues, & forment une forte de peinture intel-lectuelle , d’algèbre métaphysique &: idéale, qui rend les pensées,& les représente par analogie, par relation, par convention, &c.Remarquons en passant une petite différence entre les anciensGrecs & nos anciens Chinois : les premiers ecrivoient au dessousdu tableau ce qui y etoit représenté, pour qu’on ne s’y méprîtpas ; & les seconds se servoient d’images & de peintures, pourmanifester leurs pensées.
On divise nos caractères en six classes : les Figuratifs, oucomposés d’images & de symboles simples ; les Indicatifs , ouexprimant & offrant à l’ceil ce qu’ils signifient ; les Vocaux , oufixant par 1? fou un symbole ou une image à une signification
particulière z