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Tome premier.
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100 ANTIQUITÉ

les malheurs de notre République des Lettres, ont enfanté lesfables qui ont brouillé & défiguré les commencemens de notreHistoire. Nous pourrions encore ajouter bien des choses fur lesçhangemens qu a soufferts notre écriture, fur la nécessité etoitla multitude de croire ceux qui favoient lire nos caractères, furla nature même de Fecriture hiéroglyphique ; mais le Lecteurna pas besoin de nos réflexions fur tout cela. Pour peu mêmequil ait fait attention à ce que nous avons dit fur les symboles& les images qui font comme les elémens dont font composésnos caractères, il comprendra, fans que nous le disions, que lesfigures des animaux unies dans un même caractère à celle delhomme, ont contribué à faire imaginer ces monstres ridiculesque lidolâtrie encense fous le nom des plus grands personnagesde la haute Antiquité. Passons au deuxieme article , & voyonscombien font absurdes nos contes mythologiques.

z°. Un Missionnaire nous a avoué , que quoiquil eût vu dansles livres des Payens & dans les écrits des premiers Peres delEglife, combien affreux etoit Fetat Fidolâtrieavoit réduitles peuples les plus sages, les plus éclairés & les plus raisonna-bles ; cependant il ne le fentoit quà demi, parce que dun côtéentouré dès Fenfance de tous les bienfaits de la Religion & detous fes triomphes, de Fautre , accoutumé à entendre louer lesGrecs & les Romains & k lire leurs ouvrages comme des mo-delés, son imagination ne pouvoit arriver à la vraie idée delaveuglement des Nations avant la prédication de lEvangile*Ce nest quen voyant notre Chine, difoit-il, que fes yeux fefont ouverts, & quil a compris combien sont profondes lesplaies que le péché a faites à la Nature humaine, & combienîidolâtrie les a gangrenées.

Cela nous fait craindre quon ne nous accuse de calomniesnotre Patrie en racontant les fables ridicules qui font partie dela croyance de nos Idolâtrés, & quon a mises par maniéré desupplément à la tête de nos Annales, On voudra concilier la