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ni ordre, ni critique. II avoir fort à cœur de monter dans lahaute sphere des Ecrivains ; mais, comme dit Lieou-hiang, il estresté dans celle des Historiens sauvages ou rustiques, Ye-che .Les Européens y mettraient auísi les Auteurs du Pe-hou-rong,du Fong-fou-tong, & de divers autres Recueils qui furent faitsfous la même Dynastie, lorsque la paix eut été rendue aux Let-trés. Mais, quoiqu’il ne soit pas sûr que le premier soit du célé-bré Pan-kou, ni le second de Ing-tchao, comme ces Ouvragesont été soirs pour recueillir les traditions dont il restoir quelquesouvenir, on ne peut reprocher au plus à ceux qui les ont faits,que d’avoir conservé des fables ridicules qu’il falloit ensevelirdans un eterne 1 oubli. Comme on a à la Bibliothèque du Roi lacollection entiere des petits Ecrivains de la Dynastie des Han,nous ne pousserons pas plus loin cette énumération. Ceux quivoudront aller plus loin que nous, y trouveront de quoi lirelong temps, & fe convaincre pareux-mêmes qu à quelques cir-constances près, on ne trouve guere dans l’un que ce qu’on atrouvé dans l’autre. -
Quant au Chan-hai-king , au San-fen, à la Botanique deChin nong, & aux livres de Médecine de Hoang-ti, nous avonsdéja dit qu’ils sont regardés universellement comme des Ou-vrages supposés , & faits sous un ancien titre par des Ecrivainsfans nom : il est inutile de nous y arrêter. Quelques Critiquescependant, car nous avons promis de dire le pour & le contre,,trouvent le style de Chan-hai-king si approchant de celui desAnciens, qu’ils soupçonnent qu’il a été écrit fur la fin de laDynastie des Tcheou. Mais ils avouent en même temps qu’il a étécomposé, ou corrompu, par un visionnaire ridiculement entêtédes chimères des Tao-fée. Quevedo & Cyrano n’ont rien ima-giné d’auíïì extravagant que les contes qu’on trouve dans celivre. Malgré cela , quelques bons Millionnaires ont eu la simpli-cité d’y trouver des choses admirables , à la saveur des allégories