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A T H AV K II S LES HEES.
parler de l’invasion des Normands, de la lutte des Bourgui-gnons et des Armagnacs, du règne des Anglais en France , oudu siège de Paris par Henri IV ; voulez-vous d’autres récits,d’autres drames, d’autres tableaux historiques? Voyez un peu,au hasard, en courant, à vol d’oiseau : derrière les piliers deshalles, voici le berceau de Molière , et vous songez aussitôtau génie, à la gloire, aux douleurs du grand poète comiquede Louis XIV ; le marché des Innocents n’est pas loin, ce mesemble, et voilà Jean-Goujon qui va mourir sur un échafaudd’une magnificence assez rare, sur un échafaud de pierresculptée, dont il a su faire un admirable chef-d’œuvre; la ruede bièvre, habitée autrefois par .Dante Alighieri , ne doit-ellepas conserver, dans un souvenir, un rayon de l’immortalitéde l’exilé de Florence ? La mort de Colignv, dans la rue lïéthisy,est tonte pleine d’une terrible histoire où vont figurer l’Egliseet la Réforme, le Pape et Luther, Henri de Navarre et la Ligue,histoire politique et religieuse dont le dénouement se feratout-à-l’heurc, au bruit de l’anne intolérante de Charles IX ;du quai du vieux Louvre, où le fanatisme assassinait lepeuple,à la rue de la Ferronnerie où un fanatique assassinait un roi,il n’y a guère que la distance du poignard de Ravaillac .
Je viens de nommer le roi Charles IX : n’est-ce pas là une*royauté qui se trouve tout entière dans le drame mystique dela Saint-Barthélemy , et les acteurs de cette tragédie royale etpopulaire, bourreaux, comparses ou victimes, n’ont-ils pasreprésenté leurs personnages dans le sang et dans la houe desrues de Paris ? C’est une ville immense qui va servir de théâtreau spectacle des Vêpres Parisiennes.
Le prologue de la Saint-Barthélemy se joue dans les fossésSaint-Cermain-l'Auxerrois, deux jours avant la représentationîle la grande pièce, imaginée par des collaborateurs que l’onappelle: Catherine de Médicis, Charles IX , le duc d’Anjou, lecardinal de Lorraine, les Guise, le duc d’Albe, le pape Pie IAet le roi d’Espagne Philippe IL... Ce jour-là, à la premièrescène du prologue, le crédule amiral de Coligny passe lente-ment, un mémoire à la main, dans la rue des Fossés-Saint-