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Tome premier.
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PLACE DE L II OT EL-DE-Y ILEE.

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rapides, ne pouvait plus être souillée par les exécutions ; l’échafaud nepouvait plus se dresser, là où le pavois de la souveraineté nationale avait

cienoux

été élevé; ce lieu avait été sanctifié, il ne devait plus être déshonoré.

Ce n’était pas assez qu'une décision officielle eût éloigné de la place del’Hôtel-de-Ville l’appareil des exécutions; une expiation semblait néces-saire. Le châtiment infligé aux criminels n’avait pas seul versé le sangrépandu dans ce lieu: à toutes les époques de notre histoire, les passionspolitiques ou des vengeances ambitieuses y ont assouvi leurs fureurs. Si lacruauté de Louis XI lit tomber aux halles la tète de Jacques d’Armagnac ,si la haine implacable de Richelieu fit décapiter sur la place de GrèveRouteville et Deschapelles; dans des temps plus rapprochés de nous,d’autres martyrs ont été immolés par la rage des partis; à ces victimes ilfallait, non pas une réhabilitation, mais un pieux hommage, un témoi-gnage de piété nationale.

Les sergents de La Rochelle avaientété exécutés sur la place de Grève.

Les citoyens comprirent le devoir que leur imposait ce souvenir; onles vit, silencieux et recueillis, s’avancer vers le lieu où le sang avait étéinjustement versé, puis, entourant de leurs regrets, de leurs larmes etde leur vénération le lieu où s’était accompli le sacrifice, rendre à la mé-moire des victimes ce lustre que le supplice n’avait pas terni, mais qu’ilfallait rappeler aux pensées du pays. Dans cette cérémonie, si digne dela victoire <pii l'avait précédée, il n’v eut que des larmes et des paroles de

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