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Tome premier.
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RIE DE LA IIAIU'E.

venait de s'éteindre après avoir gouverné la France quarante-quatre ans.

Que faisaient ces deux princesses, alors qu’unique héritier de toutesles terres de Charlemagne et reconnu par Bernard d'Italie lui-même,Louis se préparait à entrer dans le palais impérial? De quel œil devaient-elles voir le retour de ce frère qui annonçait hautement devoir bannir desa cour tous les plaisirs, et la discipliner comme un cloître? Quatremessagers venaient d’être envoyés à la cour avant l’arrivée de Louis :c’étaient Galon, Garnier, Lambert et lngobert. Baoulde Lys savait toutesces choses, mais il ignorait le sens de la missive dont le prince l’avaitchargé; ce n'était pas moins qu’un arrêt de perpétuelle détention.

L’amant de la belle Rotrude et celui de Gisla étaient loin de s’attendreà pareil sort, et, en se rendant au palais des Thermes, tous deux voulaients'acquitter seulement de l’ordre du roi.

En morceau de sanglier assez mal apprêté, un hanap rempli d’unhydromel fort douteux, tel fut le souper qu’ils obtinrent tous deux sépa-rément; ce maigre repas fini, Raoul de Lys tira de sa poche un médaillonet se mit à le considérer... Il représentait la belle Rotrude , celle qui avaitdû se voir unie à Constantin, mais dont Charlemagne n’avait jamais voulucontraindre le cœur, croyant sans doule qu’un nouveau diadème étaittrop peu pour un roi à qui la victoire prodiguait les couronnes.

— Rotrude ! s’écria l’infortuné jeune homme, belle Rotrude ! tu m’ascependant préféré à une foule de guerriers placés près de Charlemagne !Henri, ducdeFrioul, le connétable Geilon, Yolrade, comte du palais, Mont-more, Amaury et vingt autres t’ont fait la cour! Hélas! que ne suis-jemort hier de la mort de Roland le lier paladin, plutôt que de me voirrenfennédans ces murs horribles ! Si j’avais au moins là... sur cette table,un roman de chevalerie!

Raoul de Lys venait à peine d’achever'ce monologue et de souffler salampe afin de dormir de son mieux, qu’une lueur mystérieuse échancrales murs de la salle où il se trouvait: un panneau glissa sur ses gonds, etRobert de Quercy parut tenant par la main une femme voilée.

— Que veut dire ceci? demanda Raoul en soulevant le voile de celtefemme... Et il reconnut Gisla dont la figure était si pâle qu'elle ressem-blait à une statue...

— Et Rotrude, s’écria le jeune homme, Rotrude , où est-elle?

Robert de Quercy, avec l’aide de Raoul, s’en fut lever péniblement une

large dalle qui louchait à la première marche d’un escalier secret.

— La princesse ne peut tarder, dit Gisla d’une voix émue, nous savionsle péril qui vous menaçait et nous venons vous sauver!..

— Quel péril ? répondit Raoul en prenant dans ses mains les mains deGisla, froides comme le marbre qu’il venait de lever avec Robert.

— lamis notre frère arrive demain, dit-elle, et je sais de Volrade, comte

«