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Tome premier.
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nuE NOT RE-D AME-DE-LOUETTE,

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nom, lequel ne manquait jamais, sitôt qu’il venait de commettre unepeccadille politique, de recommander son âme à sa chère et bonne petitedame d’Embrun , l’une des bienheureuses privilégiées auxquelles il avaitl'ait les honneurs de sa casquette, ce martyrologe portatif.

Un jour les fidèles du deuxième arrondissement reconnurent avec effroique l'église Notre-Dame-de-Lorette menaçait ruines de tous les côtés. Lafaçade était sillonnée d’autant de rides profondes qu’on peut en voir sur levisage d’une vieille comédienne de province; les murailles s’affaissaientavec toutes sortes de craquements sinistres, et l’azur du ciel filtrait enlosanges bleus à travers les voûtes du chœur. Plus d’une fois, pendant lesoffices divins, les assistants durent ouvrir, en même temps, leurs misselset leurs parapluies. Les choses en étaient là lorsque l’administration fitfermer l’église; et l’on décida qu’un temple serait construit, quelquespas plus loin, au bout de la rue Laffitte, à l’endroit même où commencele quartier neuf dont je viens de vous raconterla naissance. Peu d’annéessuffirent à ce travail.La résurrection de Notre-Dame-de-Lorette fut pous-sée avec une activité merveilleuse; et, à partir de ce moment, la rue sansnom en eut un tout trouvé. La nouvelle église remplit le rôle du parraindans ce baptême.

Au point de vue monumental, l’église Notre-Dame-de-Lorette est une(ouvre insignifiante, pour ne rien dire de plus; et je ne serais aucunementsurpris d’apprendre que l’architecte qui l’a édifiée se soit inspiré de la vued’un pâté de Lesage. C’est un carré long, d’une lourdeur désagréable, etmassif au-delà de toute expression. On y dira la messe jusqu’au jour dujugement dernier, et il ne faudrait rien moins qu’un tremblement de terrepour en altérer l’épaisse solidité. Ajoutez encore que l’église est sur-plombée d’une sorte de clocheton qui produit à peu près l’elîet gracieuxd’un éteignoir sur une bougie. Quant à la partie intérieure, ce ne sont quefestons, ce ne sont qu’astragales ; c’est un luxe de dorures, une abondancede soieries, de marbres et de velours dont le calife Haroun-al-Raschid serait jaloux. Je sais qu’on a souvent reproché à cette église les exagéra-tions de sa coquetterie ; je sais aussi qu’elle a été accusée de ressemblerbeaucoup plus à un boudoir qu’à un temple chrétien. Pour moi, j’avoueque je ne me sens pas le courage d’en vouloir aux artistes qui l’ont ainsiparée. Ils se seront rappelé sans doute que Notre-Dame-de-Lorette n’est,après tout, que la petite-fille du roi Louis XV , et ils ont fait pour elle ceque l’aïeul, distrait par d’autres soins, n’avait pas fait pour la mère.

Disons, pour être juste, que l’oubli a été noblement et royalementréparé. A cette heure, l’église, dorée sur tranches et brodée sur toutes lescoutures, reluit de mille feux, ainsi qu’une escarboucle au soleil. Deslapis soyeux absorbent le bruit des pas; les parfums les plus suaves ybrûlent, jour et nuit, dans- des cassolettes d’or, et, trois fois par semaine,