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LA CITE.
jettent île l’eau en fontaine, à des figures de ronde-bosse en pierre, enmétal ou en bois, à des peintures, à des poupées, à des images de saintset à des girouettes. L’histoire décrit les réjouissances publiques aux sa-cres, aux entrées, aux mariages de rois et de reines; le plus beau rôle'appartient partout aux marmouzets qui, à chaque carrefour, représentaientune scène allégorique de circonstance. Ces automates avaient souvent à labouche un rouleau, portant une devise gravée, en latin ou en rimes fran-çaises. Nicolas Flamel , qui faisait servir ses immenses richesses à l’ému-lation des arts, nicha des marmouzets coloriés dans tous les monumentsqu’il fonda ou répara, aux églises des Saints-Innocents, de Saint-Jacques-la-Boueherie, et surtout aux Charniers où sa femme Pernelle fut enterrée.Au nombre de ces marmouzets, son portrait tenait toujours le premierrang, à genoux, en costume de pèlerin et Técritoire à la ceinture, commeses armes parlantes. Les rois ne dédaignaient pas de figurer en mar-mouzets sur le frontispice de leurs palais, et de réduire ainsi la royautéaux proportions d’un magot de la Chine .
Le pape Grégoire XI , qui avait été chanoine de Notre-Dame, légua parteslament, au Chapitre, une maison qu'il avait entre la rue de la Colombeet celle du Chevet-Saint-Laiidry. La place de celte maison semble au moinsindiquée par une enseigne de la Vierge dont le nom reste à sa niche vide.Si un pape ne s’est pas trop compromis en logeant dans la rue des Mar-mouzets, où il devait entendre les glapissantes orgies du Val d'Amour dela rue Glatigny, Gérard de Moutaigu, évêque de Paris , mort en 1-420,pouvait s’autoriser de l’exemple apostolique pour habiter son hôtel, situédans la même rue, au coin de celle de la Licorne: il voyait de là meneraux carrefours les vendeuses de prostitution, que l’on marquait d’un ferchaud, et à qui on coupait les oreilles au pilori. Le roi était propriétaired’une plâtrière dans celte rue, qu’une lettre de François I " qualifie l'unedes principales et plus anciennes de notre ville, et cette plâtrière rapportaitquelques sous de loyer à la couronne de France .
Vers la fin du quatorzième siècle, la maison des Marmouzets était enbonne renommée dans la vicomté et prévôté de Paris . Un barbier et unpâtissier y tenaient boutique: le pâtissier, qui augmentait chaque jour saclientelle et sa fortune, se gardait de toute contravention aux ordonnancesde la police du Châtelet., tandis que son métier commettait « fautes, mespren-» turcs et déceptions au préjudice du peuple et de la chose publique, au» moyen desquelles fautes se peuvent encourir plusieurs inconvénients ès» corps humains. » On ne lui reprochait pas d'avoir fait un seul pâté de cuirssursemées et puantes, ni de poisson corrompu, un seul flanc de lait tourneet écrémé, une seule rinsole de porc ladre, une seule tartelette de fromagemoisi. Il n’exposait jamais de pâtisserie rance ou réchauffée; il ne confiaitpas sa marchandise à des gens de métiers honteuse et déshonnêtes. Aussi