LA CITE.
151
estimait-on singulièrement les pâtés qu’il préparait lui-même; car, malgréla vogue de son commerce, il n’avait qu’un apprenti pour manipuler lapâte, sous prétexte de cacher le secret de l’assaisonnement des viandes.
Son voisin le barbier, baigneur étuviste, avait mérité la faveur du pu-blic, qui ne tarissait pas en éloges sur son adresse et sa probité; personnemieux que lui ne testonnait, ne rasait, ne saignait, n’étnvait. A peine sesgarçons allaient-ils crier par les rues : les bains sont chauds! la foule s’yportait, et l’étuve était pleine en un instant ; il connaissait la pratique desdrogues autant qu'un physicien, et exerçait la chirurgie de même qu’unemire. On saluait ses trois bassins de fer-blanc à l’instar d’une madone,et on accourait de toutes parts grossir l'affluence des clients qui faisaientcortège à sa réputation.
Cependant des bruits sinistres avaient plus d’une fois circulé dans larue des Marmouzets. On parlait d’étrangers massacrés la nuit, et on mon-trait du doigt le ruisseau teint de sang, qui ne provenait pas de saignéesfaites par le barbier, car on l’eût mis en prison et à l’amende pour n’avoir[>as jeté ce sang dans la rivière.
Cn soir, des cris perçants sortirent du laboratoire du barbier, chez le-
s rot F Msn*
ÏQP?,