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Tome premier.
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LA G [T K.

quêtes de l'iiôtel; déjà l'embrasement gagnait la chambre dorée; lesseaux, cruches et chaudrons, employés par deux mille travailleurs, sem-blaient impuissants pour arrêter les progrès du terrible lléau, lorsqu’onimagina de faire au milieu de la rue de la Barilleric, vis-à-vis de l’égliseSaint-Barthélemy, un canal bordé des deux côtés de /ions bien épais, quiconduisait l'eau jusqu’en la basse-cour du Puluis qui, tout aussitôt, fut pres-que un lac d'eau.

Les flammèches pleuraient à toute outrance dans la Gonriergerie, et lesprisonniers, alléguant que la prison était destinée pour les garder, et nonpour les brûler, arrachèrent les clefs des guichetiers, et tentèrent de s’é-vader; mais Defunctis et ses gens les repoussèrent de vive force; et plu-sieurs de ces misérables périrent par le fer en cherchant à fuir le feu.

Gette fournaise jetait une telle clarté dans les ténèbres, que les villa-geois qui venaient des environs apporter des provisions au marché, pen-sèrent que le soleil s'était levé deux heures plus tôt que de coutume.

A huit heures du matin tout était consumé. « Les grands piliers bâtis» de pierre dure demeurèrent brisés en menus morceaux en façon d’é-» cailles, ni plus ni moins (pie chaux mouillée ; celte longue et épaisse» tranche de marbre noir fort luisant, avec les pieds de même, fut pres-» que réduite en cendres; ces belles et hautes statues des rois affichées» aux parois, selon l’ordre qu’ils avaient régné, toutes mutilées et tron-» quées. 11 ne restait que le pavé marqueté, encore bouillant, qu’on n’o-» sait toucher, ni marcher dessus à pied, qu’il ne brûlât pendant qu’on» portait dehors les immondices du feu. »

Le lendemain, Messieurs de la Gour eurent beau rendre un arrêt pourles sacs, procès, pièces et registres dérobés pendant l'incendie : mar-chands, apothicaires, papetiers, carliers, merciers, épiciers et autres,sommés de n’acheter aucun parchemin, papiers, écrits ou minutes ougrosses, ne rapportèrent rien au greffe civil et criminel. 11 est doncprouvé maintenant que Ravaillac n’avait pas de complices.

L’arrêt du parlement, publié à son de trompe par la ville et lu auxprônes des paroisses, n’intimida pas la verve satirique du poète Théophile,qui osa rire de ce désastre :

Certes, ce fut un triste jeuQuand, à Paris , dame justicePour avoir mangé trop d’épice ,

. Se mit le Palais tout en feu.

Ge froid quolibet faillit coûter cher au poète athée (pii, sept ans pluslard, lors de la publication de ses vers libertins, fut enfermé à la Gon-ciergerie et brûlé en effigie sur la place de Grève.

Paul L. .Licou Bibliophile.