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Tome premier.
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dents royalistes, à la tète desquels se montraient plusieurs personnagesappartenant à des familles patriciennes, attachèrent un câble au colossede bronze, et tentèrent de le faire tomber de son piédestal. Efforts inu-tiles! Il fallut, à l'aide de scies, la détacher du socle glorieux sur lequelelle semblait être rivée pour l'éternité. Cette statue fut reléguée dansles magasins de l’Etat, et contribua à la fonte de la statue équestre deHenri IV restaurée sur le Pont-Neuf . Le destin des statues ressemble àcelui des rois dont elles retracent les traits ; le pouvoir monarchique nes'annihile pas, il se transforme comme le bronze, et va, de race en race,de dynastie en dynastie, faire éclore des législateurs, des conquérants,des héros et des révolutions.

Le gouvernement de Louis XVIII remplaça la statue de l’empereur parune énorme fleur de lys à quatre faces, haute de six pieds et supportéepar une flèche à laquelle était adapté un immense drapeau blanc.

La statue de bronze de Napoléon , qui s’élevait majestueusement sur laColonne de la Grande Armée, était d’un style sévère. La pose du héros,ses vêtements impériaux qui rappelaient, parla forme, ceux de Justinien et de Charlemagne , contribuaient à donner au monument un haut carac-tère de splendeur. Cette image d’un guerrier, d’un grand capitaine, d’unsoldat couronné à force de victoires, terminait dignement une série deprouesses où les acteurs étaient eux-mêmes, par le geste et par le cos-tume, remarquables de sentiment héroïque et de patriotisme.

Un poète de nos jours, Victor Hugo , dans une ode immortelle, a célébréla Colonne triomphale de la Grande Armée . Désormais ce monumentglorieux peut délier les invasions des nations étrangères et les insultesplus terribles encore de la guerre civile : il vivra par les vers du poète ;les ailes d’or du génie ne se fondent pas au brasier des révolutions so-ciales, comme l’airain des colonnes et comme le bronze des statues.

La révolution de 1850 rendit à la Colonne de la Grande Armée nonpas sa popularité, elle ne l’avait jamais perdue, mais sa valeur gouver-nementale. Sous le ministère de JI. Thiers, en 1852, les Chambres dé-cidèrent que la statue de Napoléon serait replacée au faîte de la colonnede la place Vendôme où elle était remontée d’elle-mème, dans l’imagina-tion du peuple; un concours fut ouvert à cet effet, et M. Seurre (jeune;eut le mérite et l’honneur de l’emporter sur ses nombreux rivaux. JL Thiersentoura la résurrection de la statue de Napoléon de pompes militaires, etLouis-Philippe , au bruit du canon, enleva de ses royales mains le voile quidérobait encore l'image du grand homme aux regards attentifs de la fouleimpatiente.

Depuis ce temps, à certaines époques de l’année, les grilles «pii entou-rent le piédestal de la colonne, son parvis et ses marches de marbresont jonchés de couronnes de lauriers, de cyprès et de guirlandes. Le