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Rl’E DE LA PAIX.
vieux soldai (|ui veille sur le monument rassemble et range symétrique-ment tous ces ex-voto, qui pleurent au pied de la Colonne trois loispar an : le 15 août, jour de la naissance et de la fête de l'empereur; le‘20 mars, jour de son retour à Paris ; le ‘25 mai, jour de sa mort. Je suisloin de blâmer ce culte aux mânes d'un grand homme, et de porter at-teinte â l'explosion honorable d’une douleur profonde ; mais je doisl’avouer: cette idolâtrie pour le grand capitaine, cette exclusive commé-moration annuelle me semble injuste et anti-nationale. La Colonne de laGrande Armée n’est point la colonne de Napoléon ; elle n’est point sontombeau, elle n’est point son apothéose de bronze et de pierre; c’est lacolonne, c’est le tombeau, c’est l’apothéose de la grande armée elle-même.Quelque grand qu’il soit, un homme ne vaut pas une nation.
Si la rue de la Paix rappelle â l'imagination tout ce que les arts, lesrichesses, le luxe et l’élégance peuvent avoir de plus splendide et deplus éblouissant, la place Vendôme retrace à l’esprit les conquêtes d’ungrand roi, la splendeur d’un régne glorieux, la magnificence d’une courqui a été la plus belle, la plus spirituelle et la plus aimable du monde.
Au milieu de tous ces souvenirs se dresse la Colonne de la GrandeArmée comme un spectre de bronze qui crie aux Français : Souviens-lmd'Austerlitz ! Ainsi, autrefois, l’Apollon Pylhien disait aux Grecs : Suu-vieus-lui du Marathon !
La colonne Vendôme est la couronne de fer de la ville de Paris . —Malheur â qui la touche !
Emile .Maiico de Saint-Hilaiue.
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