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Tome premier.
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304 LES y U Al S.

que 1; massacre commença avec fureur sur les quais. Un vieillard, La-vardin,l'ut la première victime. Traîné à la grande boucherie sur le quaides Mégissiers, il y fut égorgé comme un bœuf et précipité dans la Seine .Les jeunes Mortemart et.larnac l'v suivirent de près, mais avec une agoniemoins longue, car on s’était contenté de leur briser la tète contre lespierres du quai. Au bout du quai Saint-Michel, vis-à-vis la rue Saint-Jacques, deux hommes vêtus de noir demandaient avec étonnement à leursassassins pourquoi on les avait arrachés à leurs livres, quand on les lançapardessus le pont : c’étaient le savant Bannis et le président La Place ; lafoule, élevant ses lanternes, les regarda quelque temps se débattre dansl’eau et surnager, puis elle, leur souhaita un bon voyage et courut faireboire le bailli d’Orléans et son fils. A quelques pas de là avait lieu unelutte courageuse mais trop inégale: Un professeur de l’Université, un li-braire nommé Odin et un ministre qu’on appelait. Lopez, s'elforçaienld’échapper aux meurtriers. Précipités l’un après l’autre, on entenditlongtemps leurs cris de détresse. Tous ces vieux capitaines huguenotsblanchissons le harnais, se voyaient là garrottés et noyés l’un après l’autre,et tous souffrirent cette mort en silence, excepté le jeune Colombier,qui pleurait sa maîtresse; le capitaire Yallavoire, qui regrettait sa vieillemaison du " ’ ’ , et le rude et fort Monthaubert, souhaitant tout bas

de n’avoir jamais eu de mère. Les noyades, affreuses au quai de la Grève,car on avait affaire à des hommes intrépides qui vendaient chèrementleur vie, se continuaient en même temps avec un caractère de barbarietout particulier sur le quai du Louvre. A la plus haute des fenêtres de cepalais brillamment illuminé, se tenait à demi cachée dans l'ombre,Catherine de Médicis encourageant du geste la curiosité obscène deses tilles d’honneur descendues pour regarder les cadavres, et le zèle dujeune Charles IX , qui s’essayait en visant les fugitifs au tir de l’arque-buse.

Le jourvint enfin, non pour arrêter mais pour couronner ces horreurs.Un amas immense de corps morts fut enseveli dans la Seine qui en rejetadix-huit cents sur le quai des Bons-Hommes, où le prévôt des marchandsles fit couvrir à la liàte d’un peu de terre.

A ces épouvantables scènes, succédèrent les spectacles burlesques dela cour d'Henri III . Pendant longtemps le quai des Grands-Augustins vitce prince et ses mignons enveloppés dans de longs sacs de toile veniravec toutes les apparences de la contrition, faire pénitence dans la belleeglise des Augustins, de leurs débauchés de la veille, et chercher le par-don de leurs péchés du lendemain. Ensuite, quand cette confrérie desblancs battus eut passé et repassé deux ans devant la statue de Gharles Y.qui, debout dans le vestibule, devait bien rougir de ses successeurs, lesprocessions militaires de la Ligue et les revues des moines cuirassés sou-