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Tome premier.
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Cependant, nous devons l'avouer, l’auteur montre ' e hésitationsur la question de savoir si le Christ a été moine de cet ordre; mais touteréflexion laite, il se décide pour l'affirmative, et transforme résolumenten père Carme le divin Hédempteur de l'humanité.

Maintenant, nous allons souffler, pour la dissiper, sur l’ombre gothiqueque nous avions un instant évoquée, et ce sera d’autant plus ci proposque sur la place où nous venons de l’abandonner, rien au monde, auxv' siècle, n’était plus dangereux (pie de s’v hasarder trop tardivementdans une nuit d’hiver.

A cette époque surtout, ce coin de Paris était redoutable à tout hon-nête bourgeois s’avisant de le parcourir à la belle étoile; les officiersdu Châtelet et les sergents de la prévôté ne s’y aventuraient mêmequ’avec de grandes précautions, car les tortueuses ruelles qui s’infil-traient sur le sol boueux de la place Maubert, ainsi que des rigolesdans une mare, recélaient une effroyable quantité de filles d’amour, debandits émérites, de coupe-bourse et autres variétés de cette espèce. C’est,aussi dans les ruelles qui se perdent dans la rue Mouffetard ou, dumoins, sont perpendiculaires, parallèles ou tangentes au tracé sinueuxqu’elle parcourt, c’est dans ces obscures ruelles, disons-nous, que gî-taient les sorciers, les magiciens, les faiseurs de maléfices et les dé-noueurs d’aiguillettes, dont, au dire de 1 ’Estoile; le nombre s’élevait à

plus de trente mille ; philosophiques professions qui se sont perpétuées

jusqu’à nos jours, et qu’exploitent admirablement, au sein du quartierNotre-Dame-de-Lorette, sous le nom de tireuses de cartes, les nom-

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breuses magiciennes du xix' siècle.

Les femmes de notre époque, ainsi que celles de 1500, se montrenttrès-avides de ces sortes de prophéties. Les hommes mêmes ne sontpas toujours exempts de ce faible. C’est à cause de cette crédulité con-stante pour les choses qui en sont peu dignes, (pie l’on a gratifié les Pa-risiens de l’épithète de badauds. « Le peuple de Paris , s’écrie llabelais, esttant badaud, et tant inepte de nature qu’ung bateleur ou un porteur de ro-gatons assemblera plus de gens que ne le ferait un bon prédicateur évan-gélique. »

Oui, ce quartier, dans une partie notable de sa population, n’était, enquelque sorte qu’un annexe à la Cour des Miracles. De ces ruelles sor-taient tous les matins et revenaient gîter chaque nuit, ce tas de vagabondset de mendiants, de filles d’amour et de sorcières, de voleurs et de dé-bauchés, gueusant le jour et tuant la nuit, qui obstruaient, infestaient etpillaient tous les recoins du Paris de nos pères.

A toutes les époques, et cela se conçoit, ces pauvres quartiers ont- fourni de nombreux contingents à la perturbation. A part les pittoresquesbandits (pie nous venons d’énumérer, ce qui restait de place dans ce coin

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