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les murs épais de Sainte-Pélagie : c’esl là, en d'autres temps, tpie José-phine et la princesse deLamballe éprouvèrent leur désespoir et versèrentleurs larmes; c'est dans ces sombres couloirs que la Restauration jettal’illustre Réranger et l'éloquent Manuel; c’est là que le pouvoir de juilletrelégua Carrel ; c’est là enfin, de nos jours, que le sublime Lamennais apromené ses poétiques rêveries.
Entre le bourg obscur ou naît l’enfant de ces quartiers, et le triste hô-pital, où la plupart du temps il meurt, entre ces deux points extrêmesde sa vie, la majorité du peuple de ces ruelles a pour domaine le pavé deParis , et sous le nom de chiffonniers, s’administre le monopole exclusifde toutes les bornes, de tous les égouts et de tous les recoins où les sa-letés se rejettent.
Le chiffonnier est le philosophe pratique des rues de Paris . Dans sonabdication absolue «le toute' vanité sociale, dans ses flâneries incessanteset nocturnes, dans cette profession «pii s'accomplit à la belle étoile, il y aje ne sais «piel mélange d'indépendance fantasque et d’humilité insou-ciante, je ne sais quoi d'intermédiaire entre la dignité de l'homme libre
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et l’abaissement de l’homme abject; il y a dans ces contrastes, enfin, «juel-<pie chose qui intéresse, captive et fait penser; rien de plus particulière-ment exceptionnel «pie celte profession. Au gré de son caprice, le chif-fonnier va <h‘ rue en ruelle «'t de place «ni carrefour, fouillant, furetant,