I1UE NEUVE - DES - PETITS - CHAMPS. 7,7,0
moment, je résolus d'apprendre celte langue, pour la communiquera mesélèves. ■>
Il était réservé à l'abbé de l'Epée de créer le langage universel de I’in-tei.i.iue.nce , avec lequel on peut s’entendre et communiquer danstous les idiomes du monde. Pareirés chercha tous les moyens pos-sibles de lui nuire; mais le pieux ’ ne lui opposa qu’un seul
fait, qui démontrait victorieusement que sa nouvelle méthode n’était pasun signe de l'impuissance où il se trouvait de copier ses prédécesseurs.Il mil un de ses élèves, Clément du la Pujade, en état de prononcer enpublic un discours latin de cinq pages; et une sourde-muette, dresséepar lui, récita les vingt-huit chapitres de l’Évangile de Saint-Mathieu.C’abbé île l’Epée avait bien le droit après cela, de marcher tête levéedans la voie nouvelle qu'il avait découverte.
De sou vivant il fut calomnié comme le sont tous les hommes debien qui sortent de la voie vulgaire. Si Joseph II daigna le visiter plu-sieurs fois pendant son séjour à Paris, le gouvernement français ne s'a-perçut que deux ans après sa mort du trésor qu’il avait laissé. L’abbéde l’Epée qui s’était consolé de tout, par la vertueuse amitié du duc dePcnlhièvro, mourut pauvre, le 23 décembre 1781). En 1791, l'AssembléeConstituante fonda, par un décret, l'institution de Paris , dont l’abbé Si-eard avait recueilli et soutenu l’héritage.
Le souvenir de l’abbé de l’Epée suffirait, à la gloire d'une ville. Je m'é-tonne qu’une de nos révolutions n’ait pas doté de son nom la ruedes Moulins. La rue Charles X est bien devenue la rue Lafayette. —Le xvti' siècle prodiguait les Hua Hoyala pour flatter l’orgueil de sonmaître ; le xviu 1 , a fait des rues philosophes ; le xix' a inauguré les siennesavec des victoires; à présent elles s’illustrent comme elles peuvent,avec de l’argent.
Poursuivons.- Sur la gauche, voici la rue Thérèse, décanonisée par larépublique qui prescrivait de dire faubourg Antoine, rue Honoré. La rueThérèse est silencieuse comme un cloître; ses maisons, d’un aspect so-lennel, noircies parla brume, et lézardées par l’âge, respirent la magistra-ture où la prière. Tournez à droite : de la rucVentadour, impasse annobli,vous louchez presqu’au coin delà rue Neuve-Saint-ltoch. En arrivant àl'église, vous aurez fait le tour de la butte des Moulins.
Quatre bourgeois de Paris achetèrent en 1667, de l’abbé de Saint-Victor, ce terrain qui lui appartenait, et avec la permission du roi, ils vouvrirent les rues que nous voyons aujourd'hui, et dont plusieurs exis-taient déjà comme chemins ou sentiers. En 1677, toute cette surfaceétait chargée d’hôtels et de maisons. Ce quartier prit le nom de Caillou,d’un hôtel situé sur une partie de l’emplacement où se trouve l'égliseactuelle de Saint-llocb ; il existait une porte de Paris , appelée porte