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«laul df la niasi(|ue de la reine mère. Les chroniques de l’époque s’accor-dent à dire que ce premier poème était fort médiocre. Hélas! d'après lateneur de certains libretti modernes, on serait tenté de croire que l’ombrede l’abbé Perrin plane encore parfois sur ses successeurs!
Le 28 juin 1060, l’abbé Perrin obtint des lettres-patentes « portant per-» mission d’établir en la ville de Paris et. autres du royaume, des acadé-» mies de musique pour chanter en public pendant douze années des» pièces de théâtre comme il se pratique en Italie, en Allemagne et en» Angleterre. » Les premiers musiciens et les premiers chanteurs du grandOpéra français furent tirés des églises cathédrales, principalementdans le Languedoc . N’est-il pas bizarre que ce spectacle, éminemment pro-fane, qu'on a appelé depuis un lieu de perdition, ait été inauguré par unabbé et par des chantres de lutrin.
L'ouverture eut lieu en mai 1071, par Vomone, opéra en cinq actes,paroles de l’abbé Perrin, musique de Gamberl. Cette nouvelle entreprisese vit, au bout de quelques mois, menacée d’une complète déconfiture. En1672, le privilège fut. transporté à .Jean-Hapliste Lully, et l’on sait à queldegré de s ' et de prospérité l'illustre musicien, aidé de la colla-
boration poétique de Quinault , porta bientôt le Grand-Opéra.
Par lettres patentes de Louis XIV, il fut permis à ce Florentin, dont LaFontaine a tracé le caractère peu magnifique, « d’établir dans la bonne» ville de Paris une académie royale de musique, pour y faire, des repre-» sent.at.ions des pièces de musique qui seront composées tant en vers» français , qu'autres langues étrangères, même celle: s qui auront été re-» présentées devant nous; fusant expresses défenses à toutes personnes, de» quelque, qualité qu elles soient, même aux officiers de notre maison» d'y entrer suns payer; et d’autant que nous l’érigeons sur le pied des» académies d'Italie , où les gentilshommes chantent publiquement enmu-» sique sans déroger, voulons et nous plaist que tous gentilshommes et» damoiselles puissent chanter auxdites pièces et représentations de notre» Académie royale , sans que pour ce, ils soient censés déroger au dit litre de» noblesse et à leurs privilèges. »
Quel honneur pour le blason amoureux de l’Opéra !
11 parait qu’à cette époque le privilège royal conférait des pouvoirstout-à-fait autocratiques, ou que du moins Lully l’interprétait ainsi, car iltraitait ses artistes absolument comme des serfs. On raconte (pie la pre-mière chanteuse, mademoiselle Hochois, ayant déclaré qu’elle ne pouvaitcontinuer à répéter le rôle d’un opéra du compositeur-directeur, par laraison qu'elle se trouvait dans une situation intéressante, comme disentles Anglais, Lully lui lança brutalement un coup de pied dont l’actricefaillit ne pas se relever.
De même, si aux ré s un violoniste de l’orchestre manquait