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nombre de personnages a (tachés à la cour, non-seulement les ministres,le préfet de la Seine, le préfet de police, les membres de la commissionde surveillance, mais encore nue foule d’employés de diverses classesdans les administrations, usent et abusent de leur position officielle pourimposer des entrées des loges gratuites aux théâtres royaux. Outre <piede pareilles façons d’agir sont peu convenables et peu dignes, on pour-rait dire qu’elles constituent une atteinte au principe fondamental durégime actuel : tous les Français dohent être égaux devant le contrôledes théâtres ainsi que devant la loi.
Nous citerons à ce propos un autre trait caractéristique des moeurslésineuses du jour : beaucoup d'opulents habitués des théâtres royaux qui,par ostentation, louent une logea l’année, font brocanter le coupon toutesles fois qu'ils n’ont pas l’intention de s’eu servir. Les Richelieu et lesLauzun ne se doutaient guère, sans doute, que les brillants seigneursd’une autre époque ne dédaigneraient pas de faire îles affaires avec desmarchands de billets. On trouve généralement que la moderne aristocratied’argent tient beaucoup trop à ses titres de noblesse, autrement dit. à sespièces de cent sous et de vingt francs!
Autrefois, le Grand-Opéra, étaitenquelquesorte un salon où la haute so-ciété se donnait rendez-vous; depuis 1830, ce théâtre est devenu plus popu-laire ; on y compte cependant encore un grand nombre de fidèles habitués.Aux yeux des indigènes du Marais et de la rue Saint-Denis il a conservéson ancienne spécialité aristocratique; pour eux, aller à l’Opéra donnetoujours un certain relief de distinction. C’est surtout dans les petitsspectacles qu’ils songent â tirer vanité d’une audition de Roberl-le-üiableou des Huguenots . Vous les entendrez souvent s’exclamer tout haut d’unton dédaigneux : « Qii'est-ce que cela quand on a vu l’Opéra ! »
La fameuse loge d’avant-scène, composée de l’élite des lions de l’é-poque, qui de 1833 â 1837 a fait tant de bruit (moralement et physique-ment parlant) sous le nom de loge infernale, qui dictait des arrêts dansla salle, était, redoutée et encensée dans les coulisses à l’égale d’unepuissance; cette loge, disons-nous, n’existe plus aujourd’hui, du moinsquant â la spécialité dont nous venons de parler. Différentes causes par-ticulières ont dispersé presque tous les anciens membres ; on en cite unplus particulièrement infortuné, qui a été frappé d’une sous-préfecture.
Certains grands journaux ont toujours eu pour habitude d’imaginerdifférentes sources auxquelles ils sont censés puiser les nouvelles qu’ilspublient. Après avoir usé et abusé des salons politiques et des cercles lesmieux informés, ils en sont venus, afin de varier un peu, â y ajouterle foyer de l’Opéra. Que de chroniques paraissent avec ce préambulestéréotypé : « Hier on s’entretenait beaucoup au foyer de l’Opéra, etc. »En conséquence, heaucoupde bonnes gens considèrent le foyer de l’Opéra