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HlIE DE L’ANCIENNE-COMEDIE.
assemblée se pressa ce jour—là dans la rue des Fossés-Saint-Germain !comme ses honnêtes habitants durent se placer aux fenêtres pour voirpasser les carrosses. On admira beaucoup cette belle salle, entourée d’untriple rang de loges richement étoilées, les unes ouvertes, les autres gril-lées de barreaux ; ce grand vaisseau boisé et doré, éclairé par une bril-lante roue de chandelles, qui pendait du milieu du plafond, peint parlloullogne ; la recette fut de 1,889 livres : c’était énorme pour le temps.
Quel est ce marquis, vrai marquis de Molière et de Regnard, qui, sor-tant d’un long repas, entre à la Comédie-Française pour voir l'Opéra deVillage, de Dancourt, et s’établir sur les banquettes placées aux deuxcôtés de la scène, selon son droit de marquis? Ses jambes sont avinées,et il va commettre quelque impertinence à coup sûr. Ne reconnaissez-vouspas le marquis de Sablé? il pénètre enfin sur le théâtre, il arrive vers ladouzième scène, au moment où l’on chante dans un couplet que les présseront sablés. Sablé, se dit-il, on m’insulte: il cherche Dancourt, il lerencontre dans les coulisses, il lui donne un soufflet. Dancourt tire l’épée,mais on entraîne le marquis de Sablé ; on le porte plus que jamais dansson carrosse, au milieu des brocards des bourgeois de la rue des Fossés-Saint-Germain.
Voici bien une autre foule : nous sommes au 16 décembre 1716. LaComédie-Française donne un bal, privilège auquel le directeur de l’O-péra l’obligea de renoncer bientôt; quelle réunion ! la fleur de la Régence !les gentilshommes de la chambre et les belles comédiennes ! la nais-sance et les grâces! la fortune et l’esprit! tout cela descend de compa-gnie des plus brillants équipages!... Nous sommes fiers de cette fête pournotre rue, beaucoup plus que de la représentation d'Iphigénie, annoncéecomme une chose qu’on n’avait jamais vue et qu’on ne devait jamais re-voir : c’était Poisson, le Crispin, qui s’avisait de jouer le rôle d’Aga-memnon.Poisson s’attira tant de huées, qu’on les entendait de la rue desCordeliers.
Vous voulez savoir pourquoi ces sept messieurs sortent en grande te-nue du théâtre? Ce sont des comédiens, parmi lesquels vous devez re-marquer, à sa désinvolture affectée de grand seigneur, ce fameux Qui-nault-Dufresne, que Destouches a pris pour modèle dans son Glorieux.Ne venez-vous pas de l’entendre dire â ses gens : A-t-on mis de l’or dansmespoclics ? Où vont-ils ainsi ? Ne voyez-vous pas qu’ils se dirigent du côtéde l’Académie-Française : ils vont, et c’est un honneur qu’ils donnent etreçoivent, offrir leurs entrées aux membres de l'illustre assemblée!
Le 26 avril 1751, j'aperçois, â la porte de la Comédie, les gardes-fran-caises qui relèvent le guet. Je suis sûr désormais du bon ordre et de latranquillité du spectacle, troublé souvent par le parterre aussi bien quepar les seigneurs; mais les bals recommencent : le seul Grandyal a oh-