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PLACE DU LOU VUE,
Du reste, l’Eglise ne fut pas toujours pour le palais une alliée com-mode et docile. Empruntant une importance toute locale au voisinage dusiège de la royauté, plus que tout autre le chapitre de Saint-Cermain-l'Auxerrois eut occasion de s’insinuer aux choses " s.
Catherine de Médicis, rêvant déjà peut-être la nuit sanglante de la Saint-Barthélemy , parut ce ' se rapprocher un instant des huguenots, etvoulait ménager dans des conférences quelques chances d’accommode-ment, l’église «lui, à son ordre, devait sonner plus tard le tocsin fatalse prononça violemment contre elle. Un moine séditieux, nommé Four nier, dont les prédications attiraient une affluence énorme, poussa mêmesi loin la hardiesse, que le parlement dut intervenir par arrêt. Puis, quandvinrent les massacres, les attaques véhémentes se changèrent en ardentspanégyriques et en exhortations effrénées à bien terminer l’œuvre d’ex-termination.
Quelques années après, aux premières fureurs de la ligue, la chairereligieuse formula de nouveau une menace permanente contre la royauté.Henri 111, ouvertement désigné à la haine des ligueurs, voit chaque jourson autorité méprisée. Ce prince, faible et pusillanime, hésite devantl’orage, et donne à ses ennemis la joie du spectacle de son impuissance.L’égarement du peuple était tel alors dans Paris , qu’il fallait à sou fana-tisme les plus burlesques manifestations : l'ardeur des processions allaittoujours eu croissant: hommes, femmes, garçons et tilles, nus, mais nusde la plus complète nudité, s’y pressaient en foule. Ces étranges céré-monies se renouvelaient plusieurs fois par jour; le peuple prit enfin sigrand goût à la chose, que les prêtres ligueurs qui l'avaient d'abordexcité, durent plus d’une fois trouver son zèle exagéré. Le curé de Saint-Cermain-l’Auxerrois, Jacques Cueilly, l’un des séditieux les plus ardents,était chaque nuit réveillé par ses paroissiens, qui demandaient à proces-sionnel- . S’il faut en croire l’Estoile, les sexes différents, confondus pêle-mêle, dans le costume quelque peu primitif et léger que nous avons dit,marchaient par les ténèbres où tout était carême prenant : c’est assezdire, ajoute le chroniqueur, qu'un en vit bien les fruits : les processionsrevenues dans l’église, après une promenade démesurément longue dansles rues de Paris , les prédications recommençaient de plus belle, etdes prêtres, indignes de ce nom , se livraient sur des figures de cire re-présentant le roi, aux pratiques de la magie: ils enfonçaient au cœur del'image royale des épingles qui devaient, à l’aide de sortilèges, j>oi-gnarder en réalité le tyran. Leroi eut un jour une velléité de fermeté sou-veraine : le 2 septembre 1587, ordre fut donné au prévôt llapin d’allerarrêter en chaire les prédicateurs de plusieurs paroisses, et entre autresun moine qui faisait retentir les voûtes deSaint-Gerinain-l'Auxerrois desplus atroces provocations au régicide, llussi-Leclerc, un des chefs de la