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messes lui coûtaient peu ; il s'en montra prodigue. François I ", dans saloyauté, crut indigne de lui d’exiger des engagementsécrils.Cliarles-Quintobtint toutes les sûretés possibles; et dans une circonstance oû il savaitbien cependant qu’il n’eût pas fallu se fier à sa parole, se fiant à celled'un rival qu’il avait indignement traité, il entra en France , suivi seule-ment des gens de sa maison.
Le l"janvier 1540, l’empereur, que François I er avait été attendre àLoches , fit son entrée dans le Louvre; entrée splendide et magnifique,s’il en fût. De Bayonne à Paris, le voyage de Charles-Quint , longue sériede fêtes, avaitduré près d’un mois. François 1 " venait de consacrer cetemps à des embellissements continuels: le palais de la vieille monar-chie française n'avait jamais étalé tant de pompes; tout rappelait lesprofusions luxueuses de ce fameux camp du drap d’or si vanté dans l’his-toire. Nous ne décrirons pas le merveilleux cortège qui venait de traverserParis: le louvre est notre seul domaine. Lue fête digne delà courde Fran-çois I er , la cour la plus brillante de l’Europe, attendait Charles-Quint ; tousles grands dignitaires de l’Etat, toute cette héroïque génération de Mari-gnan, et les femmes les plus séduisantes du règne le plus chevaleresqueet le plus galant de notre histoire, étaient présents dans tout l’éclat de leurrang, de leur gloire ou de leur beauté; six cardinaux français , deuxcardi-naux romains envoyés par le pape comme témoins de cette pacifique ren-contre, entouraient les monarques. A une table garnie d’un seul côté,François l" fit asseoir son bote; lui-mème s’assit après l’empereur,puis ses deux fils, le légat du pape, le roi de Navarre, les cardinaux deBourbon et de Lorraine, les ducs de Lorraine et de Yendosme prirentplace; ce que la France avait de plus illustre après ce que l’Europe avait de plus grand.
Charles-Quint resta six jours à Paris ; F’rançois I er lui fitcourtoisemenlles honneurs de sa capitale. Les deux princes n’avaient-ils aucun sou-venir du passé? Charles-Quint oubliait-il qu’il avait estorqué le traité deMadrid ? F’rançois I" ne songeait-il pas quelquefois que l’empereur sonrival était à la merci de sa loyauté? 11 est impossible que ces idées nevinssent pas à tous deux. On sait le propos de Tri boulet, qui avait dit à lanouvelle du voyage de Charles-Quint : « Ah ! par Belzébuth ! je vais céderma marotte à l’empereur.— Et si l’empereur traverse la France commeses états? reprit François I " - — Alors, Sire, c’est au roi de F"rance queje céderai mon bonnet. »
Le prisonnier de Madrid ne put cependant se défendre de faire allu-sion à ces souvenirs devant Charles-Quint lui-mème. Montrant la belledame d’Étampcs, son conseiller intime et nocturne : « Mon frère, dit-ilà son hôte, si je croyais tout ce que me dit la bouche adorée de cettedame que vous voyez là. je ne vous laisserais pondant point partir, devant