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Tome second.
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DU TEMPLE.

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alors à toute l’insolence et à tous les vices que donnent les richesses; àeux les meilleurs vins, les mets les plus exquis, les plus beaux chevaux, lesmeilleures armes, les meubles etles vêtements les plus somptueux, etaussiles plus belles femmes; le proverbe boire comme un Templier, devint po-pulaire et l’est encore; enfin, comme le sacrilège se mêle volontiers auxdérèglements de moines dissolus, on les accusa de magie, crime fami-lier aux esprits supérieurs de ces temps d’ignorance; on dit qu’ils fai-saient un amalgame monstrueux des superstitions les plus révoltantesavec les mystères sacrés; ils avaient, assurait-on, des rites secrets; ilsfaisaient des sacrifices impies. I)e graves historiens, d'érudits compila-teurs, et à leur tête il faut placer feu Raynouard , auteur de la tragédiedesTempliers, ont nié la vérité de ces accusations; les Templiers étaient riches,puissants, et leur conduite turbulente mettait souvent en question l’au-torité royale ; ces crimes-là sont avérés. Philippc-le-Bel lit saisir tous ceuxqui se trouvaient en France ; il s’empara de leurs biens; il les lit jugerpar les juridictions royale et ecclésiastique. Les Templiers furent con-damnés sans que la torture pût leur arracher un aveu. Philippo-le-Belsupprima cet ordre puissant en 151‘2, et deux ans après, Jacques de Molavet Gui, frère de Robert, dauphin d’Auvergne , les deux premiers person-nages de l’ordre, furent brûlés vifs sur le terre-plein du Pont-Neuf , àl’endroit même oû s’élève aujourd'hui la statue d’Henri IV. Les biensdes chevaliers furent . . . s en partie à payer les frais du procès; on

donna le reste aux frères de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem , nommésplus tard chevaliers de Malte, qui héritèrent du Temple et l’habitèrentdepuis cette époque.

Cependant les possessions des Templiers n’étaient pas tombées dansdes mains nouvelles sans s’amoindrir. Les pères de Nazareth bâtirent unechapelle sur ce terrain, et plus lard, François I" et sa sœur, Margueritede Valois , y fondèrent un hôpital pour les enfants abandonnés; on l'ap-pela l’hôpital des Enfants-Dieu ; mais comme ses petits habitants étaientvêtus de rouge, le peuple s'habitua à les nommer les Enfants-Uouges. Lachapelle des pères de Nazareth n’existe plus, l'hôpital a disparu, une rueseulement a retenu le nom donné par le peuple. Malgré ces empiéte-ments, l’enclos du Temple avait encore vingt-cinq arpents. Henri IV , quivenait de bâtir la Place-Royale, eut l'idée d’acheter aux moines Hospi-taliers leur propriété, d’abattre le Temple et de le remplacer par uneplace demi-circulaire, sur laquelle devaient s’ouvrir huit rues magnifiques.Le plan en fut dressé sous les yeux du roi, et Sully devait être chargé deson exécution, lorsque le poignard de Ravaillac fit évanouir ce projet. LesHospitaliers ayant ainsi échappé au danger d’être dépossédés, se hâtèrentde bâtir pour légitimer leur gage. En 1(5(57, le grand-prieur Jacques deSouvré fit élever un prieuré, dont la façade donnait sur la rue appelée