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règne, ce roi avait montré le courage et la résolution dont il lit preuve enlace de l’échafaud, il serait, sans doute mort ailleurs que sur la place de-là Dévolution.
La tour du Temple a été démolie en 1811 : ainsi disparurenl dans cetenclos célèbre les derniers vestiges de la féodalité.
En 1781, on bâtit sur cet emplacement une rotonde, qui subsiste en-core : c’est un bâtiment isolé de forme circulaire, des arcades soutenuespar des colonnes toscanes donnent du jour et de l’air à une galerie cou-verte bordée de boutiques. Lâ vit une popululion à part qui troque, vend,revend, et dans les mains de laquelle passent les défroques de la ville et.dela Cour. Dans de. vieux bahuts sont ensevelis des habits qui ont brillé ala cour de Louis XV , des robes de brocard qui ont vu la régence : â côtéde la carmagnole républicaine, on trouve la robe rouge du magistrat par-lementaire, et le costume de la vieille garde y mêle son odeur de poudreâ l’ambre éventée de l’habit du petit-maître. C’est au Temple que lecomédien court chercher le type perdu d’une mode du xvm' siècle, etil en est sorti plus d’une fois emportant des défroques royales; c’est auTemple cpie se rendent à onze heures tous les marchands d’habits deParis : ils arrivent chargés desachats qu’ils ont fait dans la matinée, et cesdépouilles sont immédiatement estimées et revendues aux marchandsstationnaires qui en parent leurs boutiques.On raconte que durant les pre-mières années de l’empire, le brave général Ilorsenne, dont la tenue élé-gante et sévère avait plus d’une lois attiré les éloges de l’empereur, quidisait volontiers :
— Voyez Dorsenne un jour de bataille, c’est le vrai type du généralfrançais , tandis que Murat, ressemble â Eranconi.
Le général Dorsenne allant partir pour la campagne de Prusse, avail enréserve un habit, magnifique, et jaloux de montrer aux ennemis le beauDorsenne dans tout son éclat guerrier, il lit emballer le brillant uniforme,destiné,suivant lui, à recevoir son baptême de l’eu dans la plaine d’iéna.Dorsenne devait quitter Paris le lendemain de très-bonne heure; le soirla fantaisie lui vint d’aller à la Gaîté voir facteur Tautain et un mélo-drame de M. Guilbert de Pixerécourt, «pii attirait la foule. Le premieracte se passa bien, à la fin du second acte, l’acteur Tautain parut revêtud’un superbe habit de général. Dorsenne tressaille dans sa loge, ilbraque sa lorgnette sur l’acteur,et il reconnaît son habit :
— Faites arrêter ce coquin, dit-il à son aide-de-camp, en désignantfacteur; qu’on le conduise au poste voisin ; j’y arriverai aussitôt que vous.
Tautain, escorté de quatre soldats, se présente tout tremblant devantle général :
— Où as-tu pris cet habit, malheureux? demanda Dorsenne .
— .le l’ai acheté au Temple, répondit Tautain.