1)1 TEMPLE
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Le fait était vrai, le beau Dorsenne voulut bien nu pas re pieu die soubabil; il chassa son valet de chambre qui l'avait volé, et lit la campagnede Prusse avec un vieil uniforme.
Le Temple, en effet, est le lieu où les liions vont tout naturellement sedéfaire de leur proie; mais connue ce n'est plus un lien privilégié, la policev pénétre sans cesse, et souvent, avant, l'aurore, elle met la main sur lesvols de la nuit. C’est le marché le plus matinal de Paris : le dimanche avantcinq heures du matin tous les magasins sont ouverts et remplis de chalands;l'ouvrier qui a reçu sa semaine, la grisette qui veut briller au bal de lîel-leville, y viennent acheter la redingote hasardée et le châle un peu passequi doit les parer. Eu avant de la Rotonde, du côté de la rue, sont devastes hangards en bois et divisés en magasins : là, vous avez sous la mainet vous pouvez choisir et acheter, en moins d’un quart d'heure, tout cequi esLnécessaire pour meubler une maison de la caveau grenier: linge,ustensiles, tapis, matelas, couvertures, tout est prêt; on vous donne duvieux ou du neuf à votre gré ; ce qu’on vous offre surtout, c'est du linge ;il y a des chemises pour toute une armée, des draps pour tous les litsde Paris , des nappes, des serviettes pour des tables de mille couverts ;le linge du Temple est connu et apprécié d'un bout de la ville a l’autre,une habitude singulière en favorise l’écoulement ; c’est dans le linge duTemple que sont reçus les entants nouveaux-nés ! c’est dans ces langes ademi usés que la ' es Parisiens ont poussé leur premier vagisse-
ment. O 11 croit avec raison, sans doute, que la rudesse et l’aspérité dulinge neuf blesseraient les membres délicats d’un enfant, et on court auTemple se munir d’un tissu qui, assoupli par un long usage, doit molle-ment tapisser un berceau. Hélas! on ne songe pas aux transpirationscontagieuses, aux plaies vénéneuses qui ont déposé sur ce linge leursprincipes mortels et leurs sanies, et tandis que le petit oiseau reposedans son nid odorant, tandis que la louve et l’hyène préparent à leurspetits un lit de fougère, le (ils de l'homme dort enveloppé d’émanationsdélétères ! En voyant de jeunes mères courir au Temple acheter des bail-lons impurs, ne dirait-on pas que la féodalité vaincue se venge encoresur les lieux mêmes où elle a régné, et que, ne pouvant plus opprimerle peuple par l’épée, elle cherche du moins à le décimer par la maladie 'Une chapelle et un couvent portent encore le nom de Temple; la cha-pelle est ouverte au public; dans le couvent on élève des jeunes fillesriches, et nobles quand faire se peut, car le prix de la pension est élevé.
La rue entière est peuplée de souvenirs religieux et d’appellations quise rattachent à des ordres monastiques; c’est d’abord Sainte-Elisabeth,jadis couvent, dont l’église seule subsiste encore; la rue Neuve-Saint-Laurenl, annexe du prieuré Saint-Martin; la rue des Vieilles-Haudriettes,où un sieur llaudry avait fondé un hospice de religieuses, dans lequel