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fiaient hébergés les voyageurs, pourvu toutefois qu’ils voulussent biendire sur le seuil l’oraison à monsieur saint Julien. Dans la rneSainte-Croix-de-la-Hretonnerie étaient des chanoines; dans la rue Saiute-Avoyeiqui n’est autre (pie la rue du Temple),de pieuses filles, dont la dévotionavait recueilli dans de saintes légendes le nom de la saxonne Iledwige,dont nous avons fait Saintc-Avoye....; mais le temps fuit, il change eucourant la face du monde et celle des rues : ô profanation! Sur l’empla-cement même du couvent, et entre les quatre murailles du cloître, il yavait, sous l’empire, une synagogue! Quelques pas plus loin était alorsaussi l’administration des droits-réunis, lieu sacré, Parnasse , sanctuaireou plutôt asile des jeunes muses de 1805 ; là, de midi à quatre heures onfredonnait le couplet, on faisait des plans de tragédie, on élaborait ledithyrambe impérial; il suffisait d’avoir fait une romance ou d’avoir ali-gné vingt lignes de prose, pour être admis dans ce gymnase littéraire;c’était le chemin de l’Académie , et parmi les quarante immortels, on encompte encore quelques-uns qui y ont fait leurs premières armes. Aujour-d’hui, le commerce a tout envahi, couvent, hospices, synagogue, droits-réunis, et l’administration îles contributions indirectes est la plus pro-saïque des administrations. Cette partie du quartier que nous décrivons,renferme peut-être les habitants les [dus laborieux et les plus soigneuxde leur fortune de Paris : l’épicerie, le commerce du demi-gros, la dro-guerie, y ont établi leurs magasins. Le père travaille, use sa vie à assortirles gommes du Sénégal , les canelles odorantes de Ccylan, et dans dixans, le fils, notaire ou agent de change, transportera ses pénates à laChaussée-d’Antin et dissipera en folies ruineuses l’héritage paternel.
Si vous voulez retrouver le spectacle du plaisir et de la joie, un air puret un panorama animé, remontez sur le boulevart; il fut commencé parCharles IX , de sanglante mémoire, mais c’est par antiphrase et par allu-sion aux théâtres qui le bordent, qu’on l’appelle le boulevart du crime;sur ces théâtres, la vertu, longuement persécutée, ne reçoit qu’au dé-nouement la récompense qu’elle mérite; ils n’en sont pas venus là toutd’un coup. En 1769, Audinot, acteur congédié de la troupe des Italiens,fit bâtir sur ce boulevart une salle où il montrait une troupe modèle, desjeunes premiers sans fatuité, des amoureuses sans intrigue, des valetssans prétention; c’étaient des comédiens de bois: tout Paris y courut. 11renferma alors dans leurs étuis ses marionnettes et produisit sur la scèneune troupe d’enfants: Sicut infantes Audi-nos, disait l’affiche, et le mêmejeu de mots était écrit en lettres d’or sur le rideau; le "’c traita lesenfants comme il avait traité les marionnettes, et Delille voulut bien leshonorer d’un de ses vers :
(Jiez Audinot (dit-il) l’enfance attire la vieillesse.
Dans ce s-lâ, la vieillesse de Louis XV eut un point de ressem-