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s’étaient accomplis. Le commandement de l’année venait d’être enlevé angénéral Menou et contié an représentant Iiarras, (jui avait sons ses or-dres un jeune officier nommé Bonaparte . L'insurrection avait recrutévingt-sept mille hommes; la Convention ne comptait que huit mille dé-fenseurs ; mais parmi ceux-là se trouvait l'homme qui devait être un jourNapoléon .
On sait comment les insurgés furent balayés par la mitraille républi-caine.
La rue Vivienne rentra chez elle, fort affligée de s’être jetée en étourdiedans une émeute où il n’v avait eu que des halles à gagner. Le lende-main, elle n’eut garde de sortir, quand elle entendit les derniers coupsde fusil qui chassaient du Balais -lîoyal les sectionnâmes les plus récal-citrants; elle regarda courir les fuyards, très-prudemment cachée der-rière ses volets, et se hâta, quand tout danger fut passé, de rouvrircourageusement ses boutiques.
Le 13 vendémiaire lui avait coûté quelques incroyables en collet vert :elle s’en consola en confectionnant des habits à collet noir.
La rue Vivienne n’a pas toujours été ce qu’elic est aujourd’hui: autemps où les gentilshommes qui tourbillonnaient autour du régent,les philosophes qui se querellaient sur les pamphlets du jour, les ba-vards politiques ((ni péroraient sur les expédients tinanciers de M. deCalonne ou de M. de Necker, avaient fait du Palais-Royal leur quartier-général, la rue Vivienne s’estimait fort malheureuse de ne pouvoir entrerd’emblée dans ce jardin, qui était alors le centre du monde; l’on nesaurait croire tous les chagrins que lui causaient deux vilaines maisonsqui barraient le chemin et l’obligeaient à se détourner, quand il lui pre-nait fantaisie d’aller respirer le frais sous les marronniers. De grands di-plomates ont intrigué avec moins d’habileté et de persévérance pour ren-verser de puissants états, que la rue Vivienne pour démolir deux pauvresmaisons; enfin, elle triompha de ses ennemies de pierre, et ou la vit unjour franchir lestement la rue Neuve-dcs-Petils-Champs pour descendredans ce bienheureux jardin par le passage du Perron : ce fut en 1800 quela rue Vivienne accomplit cette glorieuse conquête.
Jadis elle s’étendait jusqu’à la rue Feydeau sous le nom de rue Saint-Jérôme; mais cette prolongation disparut un beau matin, pour faireplace aux jardins du couvent des Filles-Saint-Thomas, qui s’arrondissaitpieusement aux dépens de ses voisins. Quand elle se vit privée de sa vas-sale, la rue Vivienne comprit que de longtemps elle ne pourrait avoir laprétention d’arriver jusqu’aux boulevarts, qu’elle s’étail crue su rie pointd’atteindre; mais elle avait de l’expérience et savait que dans les affairesde ce monde, on n’a pas de meilleur auxiliaire que l’avenir; c’est pour-quoi elle attendit.