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Tome second.
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HUE DE VA LT. 1 HA HD,

vait situé, il y a quelques années encore, un cimetière qui fut réuni àcelui du Mont-I'arnasse : il n’avait ni l’étendue des champs de repos ac-tuels, ni le luxe et les fastueux mausolées du Père-Lachaise ; mais lespauvres gens qu’on y enterrait, pour y prendre moins de place, n’enétaient pas pour cela moins nombreux, et entre autres monuments fu-nèbres dignes d’une citation, on remarquait les tombeaux de La Harpe,du docteur Leroy, de mademoiselle Clairon et du général Mounier.

Le boulevart extérieur, qui sépare le village de Vaugirard de Paris , futétabli par suite des constructions du mur d’enceinte, ordonnées dansl’intérêt du fisc par Louis XVI , le 15 janvier 1783. Les fermiers-géné-raux, sous prétexte d’arrêter les progrès de la contrebande, mais bienpour assujettir aux droits d’entrée un plus grand chiffre de consomma-teurs, obtinrent du ministre Calonne l’exécution de ces immenses tra-vaux,'malgré les réclamations et la résistance des habitants de Paris , lésésdans leurs propriétés. C’est à cette occasion qu’un plaisant fit ce vers quicircula aussitôt de bouche en bouche :

Le mur murant Paris, rend Paris murmurant.

La porte ou barrière d’entrée, élevée sur les dessins de l’architecteLedoux, est un lourd édifice, d’une magnificence d’autant plus déplacée,qu’à cette époque les finances de l’État se trouvaient dans la plus dé-plorable des situations.

Le calme et l’aspect demi-champêtre des avenues environnantes, latranquillité des rues, la nature bourgeoise et laborieuse de ses habitants,l’éloignement de tout fracas, de toute agitation, de toute cohue ; nulle riva-lité commerciale, nulle indu strie bruyante ; quelques hôtels à peine habités,dont les panaches d’arbres verts ombragent les sourcilleuses murailles, toutconcourt à faire de la rue de Vaugirard l’asile le plus retiré, la solitude laplus paisible et l’ermitage le plus propice aux amis du silence, du travailet de la prière. Aussi servit-elle d’abri constant aux innombrables ordresreligieux qui, à différentes époques, vinrent chercher en France et àParis , un refuge assuré contre les fléaux de la guerre, de la peste, de lafamine et de la persécution. Nous avons pu compter jusqu’à vingt-troiscommunautés, monastères ou succursales qui s’y sont établis et multi-pliés, et que 4790, ce terrible niveleur, à presque tous anéantis. De cesmaisons religieuses il en esta peine trois qui n’ont pas changé d’habita-tion à l’heure qu’il est. Telles sont les Filles du Saint-Sacrement, aucoin du boulevart; les Sœurs de Charité, près la rue du Regard; les Car-mélites, entre les rues Cassette et d’Assas , qui se partagent les grandsenclos de l’ancien chemin du Val-Girard avec plusieurs maisons dejésuites ; une école de frères de la Doctrine-Chrétienne et quelques suc-cursales religieuses, dont le nom n’a pu nous être donné.