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Tome second.
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1* LA CE S AI N T - S li L B1C E.

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Le couvent des Carmélites appartenait primitivement aux Carmes dé-chaussés , ainsi nommés, parce qu’ils étaient les seuls qui eussent persé-véré dans la règle de leur réformatrice Thérèse d’Alluma, et qu'ils mar-chaient pieds-nus. Les Carmes se donnaient pour fondateur le prophèteÉlie; ils eurent à ce sujet une longue guerre à soutenir contre les jésuites,qui leur contestaient cette origine. En 1G11, Nicolas \ivien, maître descomptes, leur fit don du vaste emplacement occupé de nos jours parl’église et les cloîtres actuels. Malgré les richesses qu’ils amassèrent,ils ne discontinuaient pas de mendier. Leur apothicairerie faisait ungrand commerce d’une eau de Mélisse dont ils étaient inventeurs ; ils pos-sédaient aussi le secret d’une composition dite blanc des Carmes, qui don-nait aux surfaces des murs le brillant d'un marbre poli. En 1791, on litde leur couvent une maison d’arrêt destinée aux prêtres insermentés,dont une partie s’y rendit volontairement, pour être déportée conformé-ment aux lois. Le 7 septembre de l’année suivante, cent soixante-douzeprêtres et quelques personnages de marque y furent égorgés : les osse-ments de l’archevêque d’Arles, des évêques de Beauvais et de Saintes ,du ministre Montmorin et de son frère, d'Abancourt, de Hnlhières, deItohan-Chabot, de Iteding, de Maussabré et de la princesse de Lamballe,qui périrent dans cette fatale journée, ont été déposés aux Catacombes.

Joseph Duplain, administrateur de la caisse d’escompte, échappa aumassacre en s’emparant des pistolets qu’un des égorgeurs avait déposésur une fenêtre, puis, se mêlant à la foule et vociférant avec elle, il gagneles portes et s’évade.

En 1808 madame Soïecourt se rendit propriétaire des terrains et dumonastère qu’elle rendit au culte en les concédant aux Carmélites .

A quelque distance se dressait un magnifique hôtel, où le duc de Biche-lieu conduisit un soir mademoiselle Maupin ; il lui remit une bourse detrois mille louis, de la vaisselle plate, un écrin de pierres de la plus belleeau, du linge, des meubles, des étoiles, et finit même par y ajouter saplaque de l’ordre du Saint-Esprit , toute couverte de diamants; sur quoion fit le couplet suivant :

Judas vendit Jésus-Christ.

Kt s’en pendit de rage.

Uichclicu, plus fin que lui,

A’a mis que le Saint-EspritEn gage.

Au coin de la rue du llegard est un fontaine construite par Bralle en180G, et alimentée par l’aqueduc d’Arcueil ; son bas-relief, d'un assezbon style, est une imitation du genre de Goujon : il représente Léda assise