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Tome second.
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PLACE SAINT-SI) LP1CE.

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frayeur ou son imprudence. Lavoisier craignait à chaque instant de com-promettre sa nouvelle amie, et plus d’une fois il avait parlé de s’enfuir,au risque d'allerporlersa tète sur un échafaud : la dame dellon-Secoursde la rue Pérou employa plus de peine, plus de ruse, plus d’imaginationpour empêcher Lavoisier de sortir, que bien d’autres n’en auraient em-ployé pour l’empêcher d’entrer.

Un jour, un triste jour! Lavoisier profita de l’absence de son hôtesse,de son généreux geôlier, il franchit le seuil de sa prison hospitalière;il se mit à courir dans la rue Pérou ; il traversa le Luxembourg ; il quittaParis ; il arriva au Bourg-la-lleine, et le lendemain c’en était fait d’unsavant illustre, mieux que cela, c’en était fait d’un innocent.... Oh! quede regrets et que de larmes dans la petite maison de la rue Pérou !...

Le petit séminaire de Saint-Sulpice et la communauté dite des Robertins,occupaient la majeure partie de son étendue. En face, l’hôtel Charosts’appuyait contre le couvent des Filles du Suint-Sacrement , établi là parlettres-patentes de 1G54. C’est dans leur chapelle, dont elle s’était dé-clarée fondatrice, qu’Anne d’Autriche , un cierge à la main, vint expiersolennellement les outrages faits au saint Sacrement pendant la guerrecivile qu’elle avait soulevée. 11 était d’irsage dans ce couvent qu’une reli-gieuse répétât, chaque jour cette cérémonie et fit amende honorable aumilieu du chœur, moitié nue, la corde au cou et une torche à la main.

La rue Férou touchait presque à l'étroite place Saint-Sulpice, encore[dus rétrécie par les bâtiments du grand séminaire, fondé par JacquesOllier, curé de Pebrac, lesquels empiétaient considérablement sur le ter-rain affecté à l’église. Malgré toutes les recherches qu’on a faites, on n’ajamais découvert la date exacte de la première construction de Saint-Sulpice. L'abbé Lebœuf, dans son histoire de Paris , pense que ce templeservait de baptistaire au bourg de l’Abbaye, comme dans les siècles re-culés, Notre-Dame à là Cité. La partie de Saint-Sulpice qui fut abattue en1725, était un nouvel accroissement qu’on lui avait donné sous Fran-çois I"; l’évêque Mégare en bénit la chapelle de VImmaculée conception,avec la permission de l’évêque de Paris . Le 10 février 1G46, sur les quatreheures du soir, la reine Anne d’Autriche, mère de Louis XIV , alors ré-gente du royaume, assistée de la princesse de Coudé , de la duchessed’Esguillon, de la comtesse de lîriennc et des ducs d’Uzés et de Guise ,vint à l'ancienne église, où elle fut reçue par Alin, évêque de Cahors etM. Olier, curé, avec tout le clergé ; elle fut processionnellement conduitedans le cimetière, à l'endroit où devait être le maître-autel de la nouvelleparoisse et où elle descendit poser la première pierre dans les fondations.Les travaux commencèrent alors sur les dessins de Louis Leveau et secontinuèrent sous la direction de Gittard, puis d’Oppenord et enfin deServandoni , jusqu'en 1745. Sa façade et. son magnifique portique ne