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;mx bords de l’Eurolas, près de Jupiter métamorphosé en cygne. Tout àcôté existe une fabrique de poterie, sur les anciennes dépendances del'hôtel de Laval , appartenant à la veuve San terre : c’était autrefois unepetite maison, où les seigneurs de la Régence , amis du maître, donnaientleurs soirées galantes et leurs fastueuses orgies; c'est à présent un desmagasins du service militaire de l’habillement et du campement. On re-connaîtencoreaux peintures plus que érotiques prodiguées aux panneauxet aux plafonds des cabinets, aux portes secrètes, aux escaliers dérobés,la destination passée de ce séjour, dont la chronique, malheureusementperdue, doit avoir été riche en tendres mystères et en piquantes intriguesd'amour. Plus loin, au n° 100, est un autre hôtel qui fut, en 1810, lesiège de la légation américaine: il avait appartenu autrefois au fermier-général Bouret, qui vécut toujours misérable, même au sein de ses ri-chesses; il n’avait plus à sa mort que dix-huit cent livres de rentes etdevait plus de cinq millions. Au fond du jardin il s’était fait construireune bergerie où il nourrissait une vache avec des petits pois verts à150 livres le litron, afin d'en régaler dans la primeur une femme qui nevivait que de lait. Si de pareilles folies ne nous étaient attestées parl'histoire, nul de nos jours, même les plus fous, n’y voudrait ajouterfoi. Sa femme lui représentant sans cesse l’énormité de ses dépenses,alla jusqu'à accuser son intendant d'infidélité.
— » Madame, lui répondit Bouret, qui était honnête homme,— quoiquefinancier, — j'examine minutieusement les comptes; mais, par malheur,ils sont toujours de plus eu plus justes. »
Après les rues d’Assas , Cassette, de Madame et du Pol-dc-Fer, s’ouvrela rue Pérou, qui commence rue Palatine et place Saint-Sulpice. Desdeux maisons qui font l’angle dans la rue de Vaugirard, en face laporte de la caserne du Luxembourg , occupée avant 1830 par la gen-darmerie d'élité, l’une est l'ancien hôtel de La Trémouille, l’autreest une maison d’éducation dirigée par M. de Reuss. Cette rue doitson nom à Etienne Pérou, procureur au parlement, propriétaire deplusieurs maisons dans le clos Saint-Sulpice. Elle était autrefois par-tagée par un cul-de-sac dit Pérou de la rue principale ou des Prêtres,étant particulièrement habitée par les clercs attachés à Saint-Sulpice.Sauvai assure qu’on la désignait aussi sous le nom de Saint-Pierre.
Pendant la terreur, le célèbre Lavoisier , menacé par la colère du tri-bunal révolutionnaire, se cacha dans une petite maison de la rue Pérou ;il y fut accueilli par une excellente et courageuse femme, dont nous re-grettons vivement d’avoir oublié le nom : elle négligea le soin de sapropre sûreté, pour veiller sur son hôte, dont elle croyait avoir à répondredevant Dieu ; elle l’emprisonna, pour ainsi dire, dans la chambre, dansla retraite la plus mystérieuse de sa demeure, pour le protéger contre sa