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Tome second.
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SAINT-LAZAI1E.

I (>5

sentir le besoin d’une place en cet endroit fort rétréci de la rue Saint-Lazare, tandis qu'à l’autre bout, prés de la rue Neuve-Saint-Georges,s’étale dans sa lourde construction anglaise la place d’Orléans , (pii fut lemauvais rêve d’un architecte.

Cet architecte était, avec le vieux Chàteauneuf, un des commensaux leplus fidèles du foyer de la Comédie-Française . 11 persuada, de la meil-leure foi du monde sans doute, à messieurs les comédiens et à mesdamesles comédiennes ordinaires du roi, qu’il avait dans son carton sa fortuneà eux tous et à lui. Des actions furent émises pour l’édification de la placed’Orléans; mademoiselle Mars en prit plus que ses camarades, et plusque ses camarades elle fut victime de cette entreprise. Par bonheur, l’il-lustre actrice avait assez d’esprit pour se consoler de ce revers, et assezde talent, grâce à Dieu , pour le réparer.

Quelques années s’étant écoulées, mademoiselle Mars acheta au ma-réchal Gouvion Saint-Cyr l’hôtel devenu célèbre par le vol de ses bril-lants, et i ” ’’ aujourd’hui la douairière de Wagrain . L’entrée, situéedans la rue La-Tour-des-Daines, est contiguë à une porte basse et à unemaison de médiocre apparence, où Talma a rendu le dernier soupir.C’est de la rue La-Tour-des-Dames que se dirigea, en 1828, vers lecimetière du Père-Lachaise , le deuil du tragédien immortel, mené partoutes les illustrations de l’époque. L’atelier d'Horace \ernet touche àla maison de Talma; à deux pas de là, Paul Delaroche a établi le sien,et le panorama de ces demeures artistiques est dominé par l'immensepavillon de la Poste-aux-Chevaux , qui sert de maison de ville et de cam-pagne au directeur actuel, M. üailly, plus renommé comme agriculteurque comme sportman. Ainsi, la rue La-Tour-des-Dames compte presqueautant de célébrités que de numéros ; et, quant à son nom, il provientd’un domaine qui embrassait jadis toute la superficie comprise entre larue Larochefoucauld et la rue Pigale, et au milieu duquel s’élevait unetour appelée la Tour-des-Dames; il en reste une à peu prés pareille aucentre du nouveau quartier Beaujon.

En face de cet enclos galant, se développait avec un luxe de petitprincela résidence du duc de Valentinois, colonel du Itoyal-Cravate. Unlabyrinthe, fait dans le jardin au moyen de terres rapportées, permettaitaux regards d’embrasser tout l’ensemble de la grande ville : le 10 aoûton était là aux premières loges pour voir brûler les Tuileries , et sousl’Empire, on y assista sans danger à l’incendie de l’hôtel Schwartzem-herg, rue de la Chaussée-d’Antin , ce soir de funèbre souvenance où ilplût à l’ambassadeur d’Autriche de fêter le mariage de Napoléon et. deMarie-Louise , et où des malfaiteurs profitèrent de la circonstance pourse glisser dans le bal, mettre le feu aux draperies et faire main basse, à lafaveur de l’effroi général, sur les brillants des nobles danseuses. Les jar-