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(lins du prince de Valentinois descendaient jusqu'il la nie Saint-Lazareet n’élaienl séparés de la Folic-Jonltert que par le cabaret du Salwl d'or.placé là exprès pour leur rappeler à l'un et à l’autre le néant des choseshumaines.
La rue l’igale, qui Forme l'angle aigu avec la rue La-Tour-des-I)aines.s'appelait avant la révolution rue lloyale. et si plus tard ce nom chan-gea, il Faut l’attribuer à la présence dans le quartier des demoisellesl’igale. 11 ne serait pas impossible que la rue Larochefoucauld eutété baptisée par le marquis de l’ortia d’Urban, poète octogénaire, qui,a l’exemple de La Fontaine , console et occupe sa vieillesse par la tra-duction des psaumes de David et des hymnes de Santeuil. Le marquisde Forlia, membre de l’Institut et. d’une foule de sociétés savantes, estassurément plus vieux qu'aucune des maisons qui l’entourent; toutesil les a vues bâtir; il a vu les rues se percer autour de lui; lui seul estresté immobile, connue le juste d’Horace, dans ses plates-bandes in-imités. Plus d'une fois, durant l’été de 1842, j’ai pu suivre des Fenêtresd’un appartement voisin le vieillard de haute stature, .se promenant à lamême heure et toujours au même endroit, appuyé sur l’épaule d'un do-mestique dans une allée stérile de son potager; son torse amaigri erraitdans une ample redingote brune, et sa tète était doublement cimnail-lollée d'un bonnet de soie noire et d’un Feutre gras. Tel est pourtant lepère, et en quelque sorte le fondateur, du quartier. Son patrimoine s’estaccru par la vente de terrains considérables dont la valeur a plus quetriplé en vingt ans. Malgré cet énorme accroissement de richesses,M. le marquis de Fortia d’Urban n’a rien voulu changer à son costumeni à ses immeubles, et si son jardin est productif, ce ne peut être qu’enracines grecques.
L’époque contemporaine revit donc tout entière dans ces rues alignéesde la veille. A partir du règne de Louis XV jusqu’au jour où nous sommes,la chaîne non interrompue des événements se déroule aux yeux éblouisdu philosophe ou du rêveur, de l'historien ou du poète. La politique, lalittérature, les grâces, peuplent de souvenirs ces jardins et ces murailles.Fermiers généraux, fournisseurs, danseuses et comédiennes, écrivains,[(cintres, maréchaux d’empire, gentilshommes d’autrefois et d’aujour-d’hui, tous ont laissé çà et là des traces ineffaçables de leur passage,aristocratie de traditions qui en vaut bien une autre; et si ce quartierbéni, plein de prospérités, d’air et de parfums, conserve les apparencesde la jeunesse, c’est qu'au milieu des révolutions et des létes, dans lespetits soupers comme dans les guerres civiles, gardant toujours son in-souciance aimable, il n’a jamais songé au lendemain, et qu’ainsi occupesans relâche, depuis un demi-siècle d’amours, de linances ou de gloire,il n'a pas eu le temps de vieillir. G. GcÉ.sot-Lecoi.vtk.