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ses supérieurs pour chercher uu lieu propre a établir un cloître prèsParis , se présenta chez l'abbesse, s’agenouilla devant elle, baisa la plaie,et la guérison lut instantanée.
On cria an miracle : as jeunes nonnes du même couvent ayant
ressenti le même mal, le franciscain opéra delà même manière, et la curefut obtenue.
Le secret transpira bientôt et passa les murs du cloître ; les femmes etliIles des manants voulurent aussi avoir part aux soins du franciscain, etelles demandèrent qu'il voulût bien s'agenouiller devant elles et baiserleurs mains brunes et calleuses; mais, soit que le frère delà pénitencetrouvât la lâche moins douce qu’au cloître de Chelles , soit qu'il ne pûtsuffire à la besogne et qu’il désirât la partager avec ses frères, il avouahumblement qu'il n’y avait rien de surhumain dans sa méthode curative;que ce n’était point par la génuflexion et le baiser qu’il obtenait la gué-rison, mais bien par une piqûre pratiquée sur la plaie dont, il aspirait levenin; il appela un détachement de moines de Franconville : ces frèrescontinuèrent l’œuvre du jeune franciscain, et bientôt l'épidémie disparut.
Comme le signe inflammatoire du mal ressemblait à la tumeur pro-duite par l’insecte dont le nom est si populaire, le peuple appela les moinesde Franconville frères Pique-Pusses.
Le couvent, qui fut le second du tiers-ordre de Saint-François, ne tarda[*as à s’élever, et bientôt il devint le chef de l’institution ; plus tard, quandles fermiers-généraux donnèrent à Paris sa ceinture de murailles, lecloître et toutes les maisons qui l'avoisinaient furent réunis à la ville ; ilsformèrent l’enclos, puis enfin la rue Pique-Pusscs, dont on a fait depuisPique-Puce, puis entin Picpus.
Cette rue, isolée â l'époque oû la grande parallèle du faubourg Saint-Antoine était â peine â moitié garnie de maisons, eulcependant ses joursde foule et de fête. Un jour le peuple se rua avec curiosité de ce côté; lepiaffement des chevaux, le cliquetis des armes, la voix des clairons trou-bla le calme habituel; des cavalcades d’élégants gentilshommes apparte-nant à la cour et â l'armée, des détachements d’archers, de lansquenets,de hallchardiers.de piquiers et de gardes françaises aux uniformes variésdonnèrent au faubourg une animation inaccoutumée; ce jour-là les moinesîle la rue Picpus exerçaient pour la première fois le privilège concédépar Louis XIII à leur ordre, privilège qui leur donnait droit exclusif derecevoir les ambassadeurs étrangers envoyés à la cour de France; il de-vait y avoir gala offert dans le monastère par les officiers du roi. L’am-bassadeur auquel ce jour-là les frères de Saint-François offraient l'hos-pitalité était, que nous croyons, l’ambassadeur envoyé par l'Espagne aprèsle traité de Quérasque. Au-devant de l'ambassade sont venus, suivantl’usage, les liants officiers du roi. Laissons le diplomate et les seigneurs
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